L'Ordre des infirmiers se déclare aujourd'hui en cessation de paiements. La Bred, son principal créditeur, a refusé les financements supplémentaires qui auraient permis sa survie. Selon le Figaro, l'Ordre affiche, après seulement 3 ans d'existence, un déficit de 7,8 millions de dettes. Cette situation - une première dans l'histoire des instances ordinales - est notamment due aux réticences de la profession et de ses syndicats : alors que l'inscription était censée être obligatoire pour exercer, seuls 25% des infirmiers(ères) auraient adhéré (selon les chiffres annoncés par l'Ordre), alors même que le prix de la cotisation est passé, en mars dernier, de 75 à 30 euros pour les salariés.

« Un Ordre ne se construit pas contre les professionnels »

Cette faillite, qui pose de nombreux problèmes juridiques (la loi confie en effet des missions à l'Ordre, et n'a pas prévu sa disparition), soulève la question de la pérennité des instances ordinales pour les professions paramédicales. Sans le soutien des syndicats professionnels, leur naissance, puis leur survie, se montrent en effet extrêmement compromises. Le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui a refusé de "contraindre les infirmiers salariés à cotiser", rappelle qu'un Ordre « ne peut se construire contre les professionnels » et qu'une « organisation naissante ne peut s'installer durablement en misant sur la contrainte".

L'éventuel Ordre des Opticiens mort dans l'oeuf ?

Dans ce contexte, un Ordre des Opticiens ne semble pas prêt de voir le jour. En effet, les organisations professionnelles de notre secteur s'opposent à cette initiative, portée par le Cepof (Collège d'Ethique Professionnelle des Opticiens de France). A ce jour, il apparaît donc peu probable que le Collège, créé sous l'impulsion de Ghislain Duroy (opticien à Alençon et Meilleur Ouvrier de France), se transforme en Ordre comme prévu initialement. De plus, « Xavier Bertrand ne soutient pas l'idée. Et l'Union européenne est également contre les instances ordinales », regrette Ghislain Duroy. Cela ne remet cependant pas en cause l'existence du Cepof : « Je crois à la prise de conscience. Il n'y a pas que les Ordres. Le Collège peut donner naissance à plusieurs choses. Les opticiens doivent comprendre la nécessité de l'éthique ». L'assemblée générale du Cepof devrait se tenir à l'occasion du Silmo, et élira le nouveau président du Collège.
Écrit par la Rédaction

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