Temps de lecture : 4 min
Le 20 avril dernier, le Groupement des Industriels et Fabricants de l'Optique (Gifo) a participé à l’ultime rencontre avec la Direction de la Sécurité sociale (DSS) avant publication de son avis de projet de nomenclature, qui doit intervenir dans les prochains jours. Si le syndicat se félicite de certaines avancées de bon sens, ils restent très inquiets de certains points : « la santé visuelle des Français est utilisée comme variable d’ajustement pour mener une réforme strictement budgétaire », estime-t-il.
« Le ministère reste sourd aux impacts sanitaires de la réforme envisagée »
Après de nombreuses réunions et discussions argumentées, le Gifo se félicite que le ministère ait renoncé à porter à 3 ans le remboursement des lunettes, ce qui aurait impacté près de 50% des porteurs. La fréquence de prise en charge est maintenue à 2 ans pour les plus de 16 ans et un an pour les enfants jusqu’à 15 ans. « Notons que cela reste un recul par rapport à la situation actuelle, car la prise en charge par l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) est aujourd’hui annuelle. La DSS a également convenu de séparer la nomenclature du panier RAC 0 (classe A) de celle du marché "libre" (classe) », précise le Gifo.
Il regrette toutefois que le ministère reste sourd aux impacts sanitaires de la réforme envisagée. Cette dernière « néglige la santé visuelle des Français avec, notamment :
- des critères d’évolution de la vue particulièrement drastiques (0,5D) ;
- l’impossibilité pour les simples presbytes d’avoir des verres progressifs, les obligeant à jongler avec leur paire de lunettes loupes ».
« Des conséquences économiques contraires aux intentions affichées »
Le syndicat continue de penser que le panier « RAC 0 » aura également « des conséquences économiques contraires aux intentions affichées, en alourdissant le reste à charge des Français :
- en imposant des matériaux avec des indices élevés au sein du panier « RAC 0 », la nomenclature du panier de classe A va créer un « standard » de qualité purement cosmétique et c’est le reste à charge de ceux qui ne choisiront pas le panier à RAC 0 qui sera mécaniquement augmenté ;
- les plus fragiles ne trouveront pas de solution optique dans le panier « RAC 0 » du fait de la faible valorisation des verres de très forte puissance ;
- en excluant les verres photochromiques de toute prise en charge, les porteurs devront acheter deux équipements au lieu d'un ;
- en limitant la prise en charge anticipée au bout d’un an à 0,5D, la DSS crée les conditions d'une médecine à deux vitesses, obligeant les moins aisés à attendre 2 ans pour retrouver 10/10ème alors que les plus aisés n'attendront pas autant pour retrouver une bonne vue ».
« Une étatisation forcée du marché libre »
Rappelant les impacts de la mise en œuvre des plafonds de remboursement dans le cadre des contrats responsables et solidaires sur l’accès aux innovations, aux produits de qualité, à la création et fabrication françaises, les fabricants de verres et de montures ont alerté à nouveau sur les dangers de cette ingérence dans la relation contractuelle entre les acteurs économiques et dans la liberté de choix des patients.
« Le plafonnement des montures à 85 euros est bien évidemment beaucoup trop bas et exclut, de fait, les produits fabriqués en France. La DSS ne prend pas en compte cette dimension économique et c’est un désastre pour notre tissu industriel, a confié le Gifo à acuite.fr. Bien évidemment, nous allons faire valoir les atouts de notre filière et l’intérêt de cette production française ainsi que l’attachement des Français aux produits de qualité. La monture est partie prenante de la problématique de vue de nos porteurs, prenant en considération l’aspect morphologique, l’ergonomie et la tenue dans le temps. La recherche et développement comme la qualité des produits ont un coût ! 40% des porteurs portent leurs lunettes tous les jours. Il n’est pas inconcevable que les Français prennent un minimum de plaisir esthétique dans cet achat, toujours lié de prime abord à un besoin médical », conclut le syndicat.
Le Gifo continue de regretter le caractère précipité de la démarche « RAC 0 » telle qu'elle est menée par la DSS, sans expertise interne. Le syndicat continue de discuter avec le ministère de la Santé mais entend également mobiliser le ministère de l’économie, la direction des entreprises et les parlementaires.
Consultez le dossier complet
178 articles
« RAC O » en optique, audio et dentaire
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
« RAC 0 » en optique : Les principales mesures de l'avis de projet de réforme !
Publié le 26 avril 2018
Dans le cadre du « RAC 0 » en optique, la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) et le Rassemblement des opticiens de France (Rof) ont été reçus hier après…
« RAC 0 » en optique : Les réactions des syndicats d'opticiens à l’avis de projet de réforme
Publié le 26 avril 2018
Dans le cadre du « RAC 0 » en optique, la Fédération nationale des opticiens de France (Fnof) et le Rassemblement des opticiens de France (Rof) ont été reçus hier après…
« RAC O » : « L’autofinancement étant moins coûteux, assurer l’optique n’est pas nécessaire »
Publié le 26 avril 2018
Quelles pourraient être les conséquences de la réforme du reste à charge zéro, promise par Emmanuel Macron ? Voici la question à laquelle le cabinet Actuarielles a tenté…
Les dernières news
Opéré de la myopie au Lasik, il garde des séquelles : les Quinze-Vingts condamnés
Publié le 21 août 2026
Près de douze ans après une opération de la myopie, le contentieux opposant un patient au Centre hospitalier national d’ophtalmologie (CHNO) des Quinze-Vingts connaît un…
Un OVNI dans les rues de Toulouse pour faire connaître son magasin d’optique
Publié le 21 août 2026
« Chaque fois que je le sors, on me prend toujours en photo. » Difficile, il est vrai, de passer inaperçu à bord de l'engin utilisé depuis quelques mois par Thierry…
Le marché des verres de freination de la myopie pourrait tripler d’ici 2034
Publié le 21 août 2026
Encore relativement récent, le marché des verres destinés à freiner la progression de la myopie chez les enfants et adolescents pourrait connaître une forte accélération…
Si je lis bien, non seulement la tolérance qui permettait de facturer comme verres blancs des solaires correctrice disparait, mais, plus grave, la considération que les verres photochromiques sont des verres teintés (considération déjà ancienne au sein des documents internes de la CNAM) passe en application, il serait donc désormais impossible de faire prendre en charge des photochomiques par la CPAM, donc par la complémentaire?
Sous prétexte d'accès pour tous à des équipements prétendument de qualité, cette loi va couper la possibilité de confort visuel à de nombreux amétrope, et pour finir, si la prise en charge des multifocaux pour les emmétropes presbytes est impossible c'est une catastrophe pour tous ceux qui ont besoin de corrections progressives, commerçants, employés de bureau, et j'en passe, ceux qui ont pondu ce texte sont réellement des arriérés mentaux (pour rester polis).
La parade de changer de mutuelle tous les ans pour changer entre autres de lunettes ne marchera plus... ingérence de la sécu sur les OCAM qui auront encore tout les pouvoirs. Le RAC ne fait qu'augmenter, on le voit bien avec toutes les retenues de la sécu sur les autres postes... Autant tout supprimer et faire comme aux USA tant qu'on y est, les riches qui sont assurés sont super contents lasbas ! pour les autres c'est moins ...SUPER