0:00 0:00

Temps de lecture : 3 min

Selon le ROF, supprimer la publicité dans le périmètre prévu par le gouvernement n’a pas démontré son efficacité sur la maîtrise des dépenses et pourrait limiter la capacité des consommateurs à s’informer et à comparer les offres.

Le ROF rappelle que cette mesure intervient alors qu'est prévu un transfert d’environ un milliard d’euros de dépenses de l’Assurance maladie vers les complémentaires santé (qui sont les principaux financeurs des dépenses optiques, NDLR). Il estime que les complémentaires disposent des marges nécessaires pour absorber ce transfert sans le répercuter sur leurs adhérents.

« La publicité ne crée pas le besoin de voir mieux »

Pour étayer sa position, le ROF s’appuie sur une étude Galliléo Business Consulting réalisée en septembre 2025 auprès de 3 000 porteurs. 93 % déclarent renouveler leurs lunettes avant tout pour un besoin visuel ou médical, tandis que 87 % des achats interviennent après l’examen d’un professionnel de santé ayant constaté une évolution de la vue. Pour l'organisation professionnelle, la publicité peut donc orienter le choix d'une enseigne ou d'un équipement, mais ne serait pas à l'origine du besoin de renouvellement.

« Nous partageons pleinement l'objectif de lutter contre les pratiques trompeuses ou excessivement incitatives. Mais interdire toute publicité ne peut pas être la seule réponse »

Jean-François Porte, président du ROF. 

Le syndicat met également en avant un risque pour le pouvoir d'achat. Selon lui, réduire la communication des opticiens limiterait la comparaison entre les offres et pourrait, par ricochet, affaiblir la pression concurrentielle sur les prix. Le ROF estime par ailleurs que la communication en optique joue aussi un rôle d'information sur le suivi visuel, les solutions disponibles, les innovations ou la prévention, à commencer par la myopie chez les enfants.

Une « concertation » de façade

Le ROF critique également la méthode. Une réunion avec la Direction de la Sécurité sociale s'est tenue le 4 septembre avec les acteurs de la filière. Selon le syndicat, l'hypothèse d'une interdiction générale a été évoquée dès l'ouverture des discussions, donnant « le sentiment que l'issue de la concertation pourrait être déjà largement déterminée ». Il souligne qu'aucune étude d'impact ne lui a été présentée sur les conséquences d'une telle mesure en matière d'accès aux soins, de concurrence, de prévention ou de maillage territorial.

Plutôt qu'une interdiction, l'organisation défend une régulation renforcée de la communication. Elle rappelle avoir présenté dès mars 2026 aux pouvoirs publics une charte d'engagements visant notamment à mieux encadrer certaines pratiques, renforcer les contrôles et sanctionner les abus.

Le syndicat demande désormais au gouvernement de renoncer à une interdiction générale et de poursuivre la concertation avec la filière.

Écrit par la Rédaction

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Anthony Robert mar 08/09/2026 - 12:15

Tant d'énergie employée pour ne pas faire interdire la publicité et on se dit encore professionnel de sante??? Peut être que cela ne serait pas une chose si dingue finalement.

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news