Qu'est ce qui détermine la décision de devenir, comme nombre d'opticiens, travailleur indépendant ? Une étude très sérieuse de l'Insee s'est penchée sur cette question qui devrait intéresser ceux parmi vous qui envisagent de transmettre leur activité à leurs enfants ou qui ont pour ambition d'exercer un jour à leur compte. Ces dernières années, les études sur le travail indépendant se sont multipliées en raison de leur capacité à créer de nouveaux emplois. Ainsi, il a été observé que la possession d'un capital financier augmente significativement la probabilité de devenir et de survivre comme travailleur indépendant. Par contre, il n'existe pas de consensus quant à l'effet du niveau d'étude sur cette même probabilité, notamment parce que les qualités d'un bon entrepreneur ne s'acquièrent pas nécessairement par les filières d'enseignement traditionnelles.

Conduite par Nathalie Colombier et David Masclet, l'étude de l'Insee s'est penchée en particulier sur le rôle joué par l'environnement familial à partir d'un panel de 7300 ménages.Il en ressort que la probabilité de devenir travailleur indépendant augmente si un ou deux parents sont eux-mêmes travailleurs indépendants. Car les parents transmettent deux sortes de compétences à leurs enfants : un "savoir faire" (des compétences spécifiques à un métier particulier) et un "savoir penser" (des compétences plus générales comme l'esprit d'initiative, l'autonomie ou le management). Statistiquement, ces deux savoirs facilitent l'exercice du statut d'indépendant quel que soit le métier entrepris. Cette transmission est également favorisée par la proximité géographique du lieu de travail et du lieu de résidence. A l'inverse, ceux qui ne bénéficient pas d'une transmission dans le cadre familial, disposent d'un niveau d'étude supérieur qui leur a permis d'acquérir ces compétences particulières.

Dans le détail, les résultats de l'enquête montrent que si plus d'un travailleur indépendant sur deux indique avoir un de ses parents indépendant, ce n'est le cas que pour un salarié sur quatre. Les travailleurs indépendants sont majoritairement des hommes (67,6%) alors que la population des salariés est composée presque à égalité d'hommes et de femmes (53,7 % d'hommes). Les auteurs révèlent que l'hypothèse de transmission entre génération d'un "savoir penser" n'est validée que si l'enfant et le parent sont du même sexe. Ainsi, avoir un père travailleur indépendant aurait un effet positif si l'individu est un homme, mais pas s'il s'agit d'une femme.
Écrit par la Rédaction

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