Le Conseil national de l'Ordre des pharmaciens s'inquiète face à un mouvement de fermetures des officines qui se poursuit et s'accentue. En 2012, il a observé 103 disparitions définitives, soit près de 2 commerces en moins par semaine. Aujourd'hui, ce secteur compte 22 700 pharmacies : 21 939 en métropole, 628 en outre-mer, 59 mutualistes et 27 minières.

Les fermetures d'officines se sont faites « selon un rythme qui s'accélère ». Ainsi, si de 2003 à 2007, une quinzaine d'officines fermaient chaque année, de 2007 à 2009 « on était à 50 par an », puis depuis 2010 « on est à 100 par an ». Selon Alain Delgutte, président de la section A (titulaires d'officine) de l'Ordre, « une étude sur les cinq dernières années révèle qu'environ 500 officines ont fermé depuis 2008 ».

« 100% des fermetures ont eu lieu dans une zone surnuméraire au regard des quotas démographiques, qui définissent le nombre de pharmacies pouvant être installées par rapport à la population. 29% des officines qui ont disparu étaient dans des communes de moins de 2 500 habitants. La moitié (51%) était située dans des villes de plus de 10 000 habitants, ce qui va à l'encontre de l'idée selon laquelle les zones rurales seraient davantage concernées par le phénomène, relève Alain Delgutte. Les villes entre 2 500 et 10 000 habitants sont relativement épargnées ».

Pour l'APM, « plusieurs corrélations auraient pu sembler évidentes mais n'ont pas été démontrées par l'étude de l'Ordre. Ainsi il n'a pas été montré un lien avec la taille de l'officine (puisque ce ne sont pas forcément de petites officines qui ferment), le mode d'exploitation (même s'il s'agit majoritairement de sociétés individuelles), ou le nombre de pharmaciens présents (alors qu'on pourrait penser que ce sont plutôt celles avec un seul titulaire présent qui ferment) ». Parmi les raisons expliquant la fermeture des officines, Alain Delgutte a cité le départ des prescripteurs. « Les fermetures s'expliquent aussi par le contexte économique général et celui en particulier de l'officine, par les restructurations urbaines ou encore par des « problèmes de gestion propres », par exemple quand une pharmacie a été achetée trop cher il y a quelques années », rappelle l'APM.

Écrit par la Rédaction

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