Ouvrant le conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan a exprimé ses craintes quant aux répercussions de la crise économique sur la santé publique dans le monde. La directrice générale de l'OMS redoute une montée de l'anxiété et des maladies mentales, ainsi que la réduction de l'aide publique au développement et des mesures prises au détriment des dépenses sociales.
 
Face à "une crise d'une ampleur sans précédent dans un monde qui n'a jamais été aussi interdépendant", Margaret Chan se déclare inquiète. À la tribune de la 124e session du conseil exécutif de l'OMS, réunie à Genève jusqu'au 27 janvier, elle a expliqué que "la crise actuelle pourrait déboucher sur une crise sociale dans de nombreux pays".
 
Comme par le passé, elle craint également que la crise ne provoque "une montée de l'anxiété et des maladies mentales, et une augmentation de la consommation de tabac, d'alcool et d'autres substances nuisibles". Un groupe d'experts a été chargé de statuer sur la question. Pour sa part, le Pr Michel Lejoyeux confirme que le contexte de la crise peut servir de lit aux conduites addictives. L'enquête annuelle de l'American Psychological Association conclut déjà à l'amplification du stress et des problèmes de santé mentale sous l'effet de la crise. Et des lignes téléphoniques d'urgence pour personnes suicidaires sont saturées au Japon et aux États-Unis.


 
Dans ce contexte, l'OMS prévoit "l'aggravation du phénomène de paupérisation dû aux dépenses liées aux soins de santé". Soulignant que, même en période économiquement favorable, celles-ci acculent à la pauvreté plus de 100 millions de personnes chaque année, elle estime que "les plus vulnérables risquent d'être touchés : les pauvres, les marginalisés, les enfants, les femmes, les handicapés, les personnes âgées et tous ceux qui souffrent de maladies chroniques". Le Dr Chan exhorte les États à "mettre en place d'urgence de meilleurs systèmes de sécurité sociale pour protéger les plus vulnérables, dans les pays riches comme dans les pays pauvres".
 
Pour sa part, le représentant de la Banque mondiale auprès de l'ONU, Richard Newfarmer, prévoit que "les mesures d'austérité mises en oeuvre, d'ici 2011, par les gouvernements ne creusent les déficits budgétaires au détriment des dépenses sociales". Pour freiner cette tendance, il juge "très important" le "maintien de l'aide consacrée par les pays industrialisés au pays en développement".
 
 
Source : Quotimed

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news