Le XXème Congrès de la société européenne de cataracte et chirurgie réfractive (ESCRS) s'est achevé à Nice sur une note enthousiaste : trois mille experts venus du monde entier se sont retrouvés dans la capitale des Alpes Maritimes pour présenter leurs travaux et expériences sur la chirurgie de la réfraction et de la cataracte.

Même si les implants de lentilles intra oculaires (IOL) pour cataracte ou autres amétropies faisaient partie du programme, l'impact médiatique se focalisait sur la chirurgie réfractive.

Le laser, source de lumière et de vision
Il est déjà ancien le temps où la lointaine cousine de la Tante Germaine se faisait taillader la cornée, avec de fortes souffrances, pour passer d'une myopie de 6 à 2 dioptries.
Aujourd'hui la chirurgie photo réfractive est devenue une spécialité adulte. En témoigne, outre les médecins, la présence de nombreux hommes d'affaires et d'investisseurs dans les couloirs du congrès. En témoigne également l'évolution des technologies et instruments proposés par les fabricants internationaux où l'on retrouve certains noms connus des opticiens : Zeiss, Alcon, Nidek, Bausch et Lomb, AMO etc...

Un marché mondial : le myope. Très bientôt le marché du presbyte
La technologie est mûre pour un marché mondial du myope, principalement, mais aussi des autres amétropes : hypermétropes, astigmates. Pour la plus grosse part, les presbytes, l'opération existe mais n'est pas encore aussi spectaculaire. Marie-José Tassignon, Professeur au CHU d'Anvers en Belgique et nouvelle présidente de l'ESCRS élue à Nice, indique : "Il faut encore attendre un peu, probablement quatre à cinq ans, pour avoir une technique très sure dans la presbytie... ". Mais la demande est si forte qu'il est probable que les étapes soient forcées.

  

Un nombre impressionnant d'actes
Notre sécu, bien française celle-là, continue d'ignorer qu'en 2001, 600 000 actes de chirurgie réfractive ont eu lieu dans les pays de l'Union européenne. En Allemagne, l'activité a triplé de 1999 à 2000. En France, plus de 120 équipes proposent aujourd'hui aux amétropes de devenir emmetropes. A tel point que certaines assurances envisagent la prise en charge de l'opération, qui reste encore coûteuse (environ 1 000 euros par oeil).

La méthode de photo chirurgie réfractive.

La chirurgie consiste à enlever de la matière à la cornée pour remodeler son dioptre et compenser ainsi l'amétropie d'origine. Les différentes zones modelables et la précision des lasers actuels permettent bien sur d'en réduire l'épaisseur pour les myopes, mais aussi d'obtenir un gonflement central pour les hypermétropes, une forme en double foyer pour la presbytie ou un résultat presque toroïdal pour les astigmates.

Les techniques

L'ablation se fait par évaporation de matière sous le faisceau d'un laser appelé Laser Excimer.

  • Laser PRK (Photo Refractive Keratectomy)
    Première procédure à utiliser le laser excimer, elle modèle la surface externe de la cornée (épithélium). Post opération douloureuse.

  • Lasik (LASer In situ Keratomileusis)
    Le laser modèle l'intérieur de la cornée après la découpe d'un "capot" qui est ensuite replacé sur la zone corrigée. Récupération rapide de l'acuité. Post opératoire peu douloureux.
  • Lasik wave front guided
    Top du Lasik, le laser est guidé par une analyse à front d'onde de l'oeil et va en gommer les plus infimes irrégularités. Chaque traitement devient personnalisé et le sujet peut obtenir une acuité impressionnante (jusqu'à 20/10).

  • Lasek (LASer Epithelial Keratomileusis)
    C'est une combinaison PRK et Lasik puisque la zone corrigée se trouve juste sous la surface cornéenne mais toujours dans la couche épithéliale. Le capot est très mince et minimise le risque d'infection par rapport au Lasik
  • Écrit par la Rédaction

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