L'expression "voir la vie en gris" utilisée pour les personnes en dépression ne serait pas qu'une métaphore. Une étude publiée par des scientifiques allemands dans l'édition de juillet de la revue Biological Psychiatry prouve que les dépressifs sont moins sensibles aux contrastes.
L'équipe du Docteur Ludger Tebartz van Elst (Université de Fribourg) a mené ses travaux sur 80 personnes : 20 dépressifs sans traitement, 20 dépressifs sous antidépresseurs et 40 non dépressifs. Les chercheurs ont effectué un "électrorétinogramme" de leur rétine soumise à des stimuli. Les résultats ont montré que les patients dépressifs, traités ou non, montraient une sensibilité aux contrastes inférieure aux patients en bonne santé mentale. L'intensité de cette perte de contrastes augmente avec la sévérité de la dépression. Plus celle-ci est grave, plus l'image perçue tourne au "noir et blanc".

"Ces données mettent en évidence la façon dont la dépression altère la perception de l'environnement" commente John Krystal, éditeur du Biological Psychiatry Journal. Elles expliquent en partie pourquoi, dans l'art, la tristesse et le spleen sont depuis toujours traduits par des images grisâtres, voire obscures. Elles préfigurent en outre d'une nouvelle méthode pour diagnostiquer et mesurer la dépression.


A gauche, l'image vue par un non dépressif.
A droite, la même image perçue par un dépressif.

Écrit par la Rédaction

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