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La récente modification de la politique de confidentialité de la plateforme en ligne Doctolib soulève des questions sur la sécurité des données de santé en Europe.
Bien que l'entreprise française affirme protéger les informations médicales sur le sol européen, une enquête du journal Le Canard enchaîné révèle le transfert de données vers des géants technologiques américains. Ces partages viseraient à alimenter et entraîner des modèles d'intelligence artificielle (IA).
Un virage vers l'intelligence artificielle
Doctolib compte actuellement 500 000 professionnels de santé et 90 millions de patients répartis dans plusieurs pays européens. Fin avril, la direction de la licorne française a notifié ses utilisateurs d'un changement dans sa politique de protection des données personnelles.
Cette modification fait suite au déploiement, depuis 2024, d'un assistant virtuel de consultation facturé 79 euros par mois aux praticiens. Cet outil enregistre et transcrit la conversation entre le médecin et son patient, après accord de ce dernier.
Doctolib certifie qu'aucun tiers ne possède d'accès direct au contenu de ces notes médicales (antécédents médicaux personnels et familiaux, prescriptions de médicaments, résultats d'analyses biologiques...). Cependant, les clauses de l'entreprise indiquent des partenariats avec Google (Gemini), Anthropic (Claude) et Microsoft (Copilot).
Le risque juridique du stockage par des firmes américaines
Même si ces multinationales s'engagent à stocker les données au sein de l'Union européenne, leur statut d'entreprises américaines pose un problème de souveraineté. La législation des États-Unis permet en effet à la justice d'exiger la transmission de données stockées à l'étranger par des filiales américaines (Cloud Act). Doctolib collabore également avec Meltio, une société californienne qui héberge des données directement sur le territoire des États-Unis.
Face à cette situation, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) indique qu'elle n'est pas en mesure de se prononcer pour le moment sur la légalité de ces pratiques.
Cette position de l'autorité de régulation tranche avec la sévérité passée envers d'autres projets publics. À titre de comparaison, la plateforme publique Health Data Hub a dû abandonner son hébergement chez Microsoft en avril 2026 au profit de l'opérateur français Scaleway après de vives polémiques sur la sécurité des données nationales.
Des budgets de lobbying importants
Pour accompagner son développement réglementaire, l'entreprise investit massivement dans la défense de ses intérêts. Comme le rapporte Le Canard enchaîné, Doctolib a dépensé près de 500 000 euros l'année dernière auprès des parlementaires français. Son objectif affiché reste la promotion d'une politique d'hébergement, de protection et de portabilité des données favorable à son activité. La start-up a aussi injecté 300 000 euros dans le lobbying européen, en s'appuyant notamment sur le groupe de pression Digital Europe, dont le budget global s'élève à 4 millions d'euros.
La réponse de Doctolib
Dans ses réponses transmises à différents médias, la direction de Doctolib formule sa mise au point de manière catégorique : « Les informations selon lesquelles Doctolib transmettrait des données de santé pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle de tiers sont formellement fausses. »
Pour appuyer cette position, le service de communication de la plateforme met en avant trois arguments contractuels opposables.
D'abord, la clause de non-utilisation garantit que leurs contrats avec leurs partenaires technologiques comme Microsoft, Google et Anthropic interdisent de manière absolue toute utilisation des données de leurs utilisateurs pour l’entraînement de modèles d'IA générative tiers tels que Gemini ou Claude.
Ensuite, l'entreprise insiste sur l'étanchéité des données. Elle précise que les informations traitées dans le cadre de leurs outils d'IA ne servent qu'à l'exécution du service demandé par le professionnel de santé, avant d'être immédiatement supprimées ou anonymisées selon les protocoles en vigueur.
Doctolib invoque également la souveraineté de l'hébergement en rappelant que l'intégralité du traitement technique est opérée sur des infrastructures cloud localisées en Europe et certifiées HDS (Hébergeur de Données de Santé), un cadre juridique strict qui empêche contractuellement les fournisseurs de s'en servir à des fins commerciales.
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En avril 2020, au début du covid, j'ai contacté Doctolib pour leur demander d'ouvrir leur plateforme de prise de rendez vous médicaux aux opticiens. J'ai déployé un argumentaire et ai mis en demande la forte demande à venir des opticiens pour ce service. Après quelques jours de réflexion, Doctolib a refusé sans donner vraiment de justification. Je leur ai dit qu'il perdait un marché. J'ai développé la prise de RV pour ma boutique via MyRezapp et deux ans après Doctolib me démarchait pour me proposer ses services car ils venaient d'ouvrir leur plateforme aux opticiens. Après un essai d'un mois non concluant et des conditions commerciales rédhibitoires (coût abonnement, engagement) proposées par Doctolib, j'ai naturellement pas donné suite.