Le 119ème Congrès de la SFO (Société française d'ophtalmologie) se tiendra du 11 au 14 mai 2013 au Palais des Congrès à Paris. Il accueillera quelque 8 000 participants qui pourront assister à 300 communications orales, 60 ateliers pratiques et découvrir les produits d'une centaine d'exposants. Cette année, le très attendu rapport de la SFO traitera du strabisme, qui touche 4% de la population, soit 2,5 à 3 millions de personnes. Il est élaboré par le professeur Alain Pechereau, de l'hôpital Hotel-Dieu de Nantes, qui a opté pour une approche résolument orientée vers l'ophtalmologiste praticien et l'orthoptiste.

Des implications à long terme sur la santé visuelle et psychologique

« La problématique commence par le dépistage le plus précoce possible des troubles visuels chez l'enfant, notamment de l'amblyopie, qui touche 2 à 3% de la population et accompagne fréquemment un strabisme. Il s'agit aussi de déceler très vite ses éventuelles amétropies. Ce sont des enjeux à très long terme : les recherches ont montré que moins on voit jeune, plus la DMLA arrive tôt dans la vie du sujet », explique le Pr. Pechereau. La prise en charge du strabisme est d'autant plus importante que, « quand on a un strabisme, c'est à vie, et tout changement dans l'environnement du patient peut le faire évoluer. Au-delà, ce trouble a d'importants retentissements psychologiques : les adultes strabiques ont une image dévalorisée d'eux-mêmes ».

Des traitements de plus en plus efficaces mais qui n'éradiquent pas le strabisme

Les causes du strabisme sont multiples. « Il a des origines génétiques mais aucun gène précis n'a encore été identifié. On sait aussi que les hypermétropes sont plus à risques. Et ce qui se passe pendant la grossesse peut aussi entraîner un strabisme chez l'enfant à naître ». Le traitement fait des progrès constants. La toxine botulique chez les tout-petits (entre 6 mois et 2 ans) est une solution efficace pour les strabismes convergents, qui permet de diviser le nombre de patients opérés par deux. L'intervention chirurgicale donne également de bons résultats mais, le strabisme étant instable, plusieurs opérations sont parfois nécessaires.

Le rapport sera présenté le 14 mai, dernier jour du Congrès. En parallèle de ce sujet, les conférences-débats du 119ème Congrès de la SFO traiteront entre autres de la stabilité du glaucome, du glaucome de l'enfant, des ulcères de la cornée et des avancées de la thérapie génique en ophtalmologie. Notons qu'elles s'ouvriront cette année aux orthoptistes, largement concernés par la prise en charge du strabisme.
Écrit par la Rédaction

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