La Suisse n'est pas pressée de remplacer son traitement autorisé de la DMLA, le Lucentis, par son concurrent potentiel, l'Avastin. Malgré une décision du 11 avril dernier de la Cour de justice européenne à ce sujet, qui autorise le reconditionnement du second médicament pour lutter contre cette maladie oculaire, l'Office fédéral de la santé publique estime ne pas devoir le substituer au Lucentis, puisque l'Avastin n'est pas encore spécifiquement conditionné à cet effet. Actuellement, seul le Lucentis, prévu spécifiquement pour traiter la DMLA, est remboursé par la Sécurité sociale helvète (et française). L'Avastin lui, prévu pour traiter le cancer, est exclu.

Pourtant, des enquêtes concordantes indiquent que l'Avastin et le Lucentis auraient la même efficacité dans le traitement contre la maladie oculaire. Mieux, le premier est 10 à 40 fois moins cher que le second, dont le remboursement a couté 389 millions d'euros à la Sécurité sociale française l'an dernier. Il suffirait que l'Avastin soit reconditionné pour lutter contre la DMLA pour qu'il puisse être employé à la place du Lucentis. Cependant, Roche, le laboratoire qui produit l'Avastin, est également celui qui est à l'origine de son très onéreux concurrent, dont il a confié la commercialisation au groupe Novartis. Résultat, Roche touche des royalties élevées pour les ventes de Lucentis et n'a aucune incitation à se saisir de l'autorisation de reconditionnement de la Cour.

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