Alors que le Gouvernement poursuit sa quête de réduction des dépenses dans un contexte économique tendu, les débats autour des traitements contre la DMLA* ont repris de plus belle. A l'occasion d'une interview accordée au quotidien Le Parisien, le député PS Gérard Bapt a alerté les autorités début février. Après s'être saisi du dossier de l'optométrie**, ce dernier estime que dans cette affaire, « il y a urgence à faire des économies et à stopper les gaspillages ».

Une économie potentielle de 200 millions d'euros en 2014

A raison de 895 euros l'unité, le Lucentis utilisé dans le traitement de la Dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) a coûté à la Sécurité sociale près de 400 millions d'euros en frais de remboursement, avec des ventes qui sont passées de 54 361 boîtes en 2007 à 403 374 en 2012. Et pour l'année à venir, Gérard Bapt estime que « la charge pour les assurés sociaux pourrait atteindre 500 millions d'euros ».
Fabriqué par le suisse Roche, le Lucentis est commercialisé en Europe par un autre laboratoire suisse, Novartis. Mais il existe pourtant un équivalent bien moins onéreux à ce produit, l'Avastin qui est produit par Roche et vendu environ 25 euros l'unité. Tout le problème réside dans le fait que ce dernier, conçu initialement comme anticancéreux, n'a pas obtenu d'autorisation de mise sur le marché dans le cadre du traitement de la DMLA, mais surtout, son fabricant, Roche, refuse de demander une extension d'autorisation sous prétexte que ces médicaments ne sont en rien similaires.

Le député rappelle pourtant que « maintenant qu'on a l'étude française Gefal***, qui montre l'équivalence entre Avastin et Lucentis, et que la Cour européenne de Justice a libéré le terrain juridique autorisant les injections d'Avastin, il faut agir ». Pour Gérard Bapt, les laboratoires suisses « se conduisent comme des copains coquins. »
Dès lors, « il faut agir sur le plan juridique » en mettant fin à cette « rente » mais, ajoute-t-il, « agissons aussi sur les prix. On peut économiser 200 millions d'euros dès 2014 sur les 500 millions d'euros de dépenses prévues ».

Un décret très attendu

Les choses traînent pourtant. En décembre 2012, la député PS Catherine Lemorton a obtenu le vote d'un texte créant les RTU [recommandation temporaire d'utilisation] pour régler le problème. Mais pour être appliqué, le décret doit faire l'objet d'une publication au Journal Officiel, ce qui tarde encore à venir. « Les choses sont devenues d'autant plus urgentes que l'enjeu financier est crucial », confirme pour sa part le député socialiste de Haute-Garonne pour qui « ce retard est lié à des hésitations, notamment face au risque de se faire retoquer en justice. »

De leur côté, Roche et Novartis demeurent prudents, leurs dernières déclarations laissant entendre qu'ils n'iraient pas sur le terrain judiciaire en cas de publication du décret visant à autoriser exceptionnellement l'usage de l'Avastin hors autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la DMLA.
Le coup de chaud de Gérard Bapt suffira-t-il à accélérer la procédure sur ce dossier ? A l'en croire, « le décret est en cours de rédaction. Cela (...) mettrait fin à une situation de monopole entretenue par les deux laboratoires suisses (...) qui n'ont aucun intérêt à ce que le prix du Lucentis baisse ».

DMLA : l'Avastin aussi efficace et moins cher que le Lucentis, une étude le prouve ».
**« Reconnaissance de l'optométrie : « réunir orthoptistes et optométristes autour d'une même formation » serait la solution ».
***« DMLA : l'Avastin aussi efficace et moins cher que le Lucentis, une étude le prouve».

Écrit par la Rédaction

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