Des implants multifocaux au laser femtoseconde en passant par les cellules souches... : les progrès en ophtalmologie pour préserver, compenser, voire redonner la vision, avancent à vitesse grand V. Dans son édition de février, Sciences et Avenir dresse sur 12 pages un bilan complet des évolutions en cours ou à venir. Résumé de ces scenarios dignes de la science-fiction...

Cataracte. Désormais souples, les implants destinés à remplacer le cristallin sont injectés sous une forme pliée et ne se déplient qu'une fois en place. La taille des incisions est réduite, et le risque infectieux divisé par dix. Les implants trifocaux, qui corrigent également la vue en VP, VL et VI, commencent à se développer, et promettent « de se passer totalement de lunettes ». Pour l'instant, ils ne représentent cependant que 5% des implants posés. Dans les prochaines années, les patients pourront se faire poser des implants individualisés réalisés à partir de mesures préopératoires, ou encore contenant des polymères intelligents qui s'adapteront spontanément à la vision du patient.

DMLA. Les cellules souches embryonnaires offre un nouvel espoir. Une greffe réalisée chez deux patientes, l'année dernière aux USA et en première mondiale, donne des résultats bluffants : l'une peut désormais se déplacer à nouveau seule, l'autre peut même utiliser un ordinateur. L'étude va se poursuivre et s'élargir à 24 autres patients. En parallèle, des tests de diagnostic précoce sont progressivement mis au point : il pourrait être bientôt possible de dépister la maladie à partir d'une simple analyse de la salive.

Chirurgie réfractive. Les lasers femtoseconde découpent désormais la cornée pendant que les Excimer la modèle au micromètre près pour corriger toutes les amétropies, ou presque ! Rassurez-vous ! « Il y aura toujours des gens qui préféreront garder leurs lunettes », assure le Pr Philippe Denis, président de la SFO (Société française d'ophtalmologie). Notamment en raison du coût de ces interventions : 1 500 euros par oeil, non remboursés par la Sécurité sociale.

Rétine artificielle. L'oeil bionique est une réalité. Le dispositif Argus II, mis au point entre autres par l'Institut de la vision à Paris, obtient des résultats plus qu'encourageants. Une caméra miniature montée sur des lunettes capture les images, qui sont converties en signaux électriques transmis à un faisceau d'électrodes appliquées sur la rétine défectueuse. Le cerveau traduit ces signaux par une représentation visuelle. 100 patients, dont 4 en France, sont déjà implantés : ils peuvent désormais suivre une ligne au sol, voire lire des mots.

A toutes ces techniques s'ajoutent l'autogreffe de cornée, la réactivation par des gènes de photorécepteurs chez les aveugles ou encore des sons qui permettent de voir. De la science-fiction on vous dit !
Écrit par la Rédaction

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