Un rapport de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales), rendu public par le Ministère de la Santé, s'est penché sur les visiteurs médicaux, principale source d'information des médecins sur les médicaments.
25 000 euros par an et par médecin : c'est ce que dépense l'industrie pharmaceutique pour l'information dispensée par les visiteurs médicaux. Sur la base d'une consultation à 22 euros et de quatre consultations par heure, les sommes investies représentent pour le médecin l'équivalent de 285 heures d'activité.

De 17 500 en 1998, le nombre de visiteurs médicaux s'établit à près de 25 000 aujourd'hui. Une étude menée par Cégédim, rappellent nos confrères du Figaro, indique qu'en 2007, 20 % des généralistes ont reçu plus de 40 visiteurs dans le mois, 45 % de 11 à 40 et 32 % de 1 à 10. Parallèlement, la qualité des ces visites irait à la baisse, malgré l'obligation de passer un diplôme national et la signature d'une charte déontologique par les laboratoires.

Or, 55 % des médecins seulement considèrent la visite médicale comme une source d'information primordiale. A contrario, le dictionnaire Vidal, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, la formation continue et la HAS (Haute Autorité de santé) sont des sources importantes pour 70 % des médecins. D'autre part, l'Igas estime que ce "mode d'information médicale fait obstacle au développement de démarches plus exigeantes".

Les auteurs du rapport souhaitent renforcer le rôle attribué à la HAS depuis la loi de 2004 en matière d'élaboration et de diffusion de l'information sur le médicament. L'Igas entend "faire de la HAS l'émetteur unique d'information sur le bon usage du médicament" car "la faiblesse de l'information publique laisse libre cours à la promotion commerciale". Par ailleurs; la HAS pourrait se voir confier "la définition et la mise en oeuvre d'une stratégie de promotion publique des bonnes pratiques de prescription" ainsi que la mise en place d'"un observatoire de la prescription".

Dans un communiqué, les entreprises pharmaceutiques ont nié toute légitimité aux inspecteurs de l'Igas et réclamé la tenue de négociations publiques.
Écrit par la Rédaction

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