Déjà très connues de la Sécurité routière qui les utilise pour sensibiliser les automobilistes aux problématiques de l'ivresse au volant, les lunettes alcoolémie fabriquées par Etienne Pernot, opticien à Villersexel, font parler d'elles dans la presse. Et pour cause. Vendues dans toute la France, ces lunettes d'un genre particulier sont de plus en plus sollicitées y compris à l'étranger. Retour sur une success story d'opticien.

C'est en 2006 qu'Etienne Pernot décide de se lancer dans la fabrication de lunettes simulant l'état d'ivresse alcoolique. Tout est parti d'une demande d'un ami qui souhaitait reproduire un modèle américain. La chose est vite réalisée mais ne convainc pas tout à fait notre opticien qui finit par breveter son propre modèle : « J'ai réduit le champ de vision, en utilisant un demi-prisme par paire, contre deux pour la version américaine ».

La prévention avant tout

Le succès est quasi immédiat, favorisé par un engouement médiatique que Christine Bravo, Ruquier, Ophélie Winter et d'autres ne démentent pas. La liste de clients s'allongent d'ailleurs en France et jusqu'au Benelux, touchant aussi bien la Sécurité routière, que les associations, les administrations et les entreprises à l'instar de Renault, Peugeot, la SNCF, EDF et la Poste, ou encore des militaires et certains ministères... Etienne Pernot rappelle qu'au-delà des questions de sécurité automobile, « 10% des travailleurs ont des problèmes d'alcoolisme ».
Au total, plusieurs centaines de clients sont déjà adeptes de ces lunettes et, précise l'opticien, « la clientèle est quasi infinie dans le monde de l'industrie, alors qu'on a déjà fait le tour des organismes de prévention ».

Mais pour ce dernier, l'objectif principal est d'abord préventif. Il s'agit selon lui de « montrer aux gens quand ils n'ont pas bu, quels sont concrètement les effets de l'alcool sur leur comportement et leur perception de l'environnement, et ainsi leur démontrer qu'il ne faut pas boire avant de conduire ou de travailler sur une machine... » Pour l'heure, notre opticien écoule jusqu'à un millier de paires par an, dans les bonnes années, mais il n'entend pas en rester là. Etienne Pernot souhaite élargir sa gamme et créer « des kits de prévention alcool, avec des tapis et des cônes ». Actuellement, quatre modèles sont en vente autour de 100 euros l'unité, pour des taux d'alcoolémie compris entre 0,8 g/l de sang ou 1,5 g/l, soit diurne soit nocturne (simulation en plein jour de la vision de nuit en état d'ébriété).

Écrit par la Rédaction

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