En réponse aux déclarations de Marisol Touraine ce jour, quant aux tarifs pratiqués dans l'optique, les opticiens Atol souhaitent rééquilibrer le débat et soutenir une profession qui ressent un profond malaise, mêlé d'injustice et d'impuissance. Dans une lettre adressée à la ministre de la Santé, Eric Plat, président de la coopérative, explique que « oui, le prix des lunettes pourrait baisser si comme en Espagne la TVA était ramenée à 10%. Oui, le prix des lunettes pourrait baisser si le pacte emploi compétitivité s'appliquait de suite et non pas l'an prochain avec une mécanique lourde et complexe pour des petits commerçants que nous sommes, afin de rattraper plus vite l'écart de compétitivité constaté avec l'Allemagne. Oui Mme la Ministre, le montant restant à charge pour une paire de lunettes pourrait baisser si les assureurs, les institutions de prévoyance et les mutuelles ramenaient leurs frais de gestion à 5% comme ceux de la sécurité sociale, au lieu de 20 à 30% perçus directement sur les cotisations des salariés ».

Pour Eric Plat, ces trois mesures pourraient à elles seules, faire baisser le prix des lunettes de 30% sans créer un seul chômeur dans la filière. « Non, les opticiens ne s'en mettent pas plein les poches. Au contraire, ils ont mis en place une des conventions collectives les plus généreuses du monde médical et commerçant, précise-t-il. De plus, ils assurent depuis 15 ans un service exemplaire auprès des titulaires de la CMU dont les tarifs n'ont jamais été revalorisés. Ils acceptent sans rechigner tous les ans plus de 1 million d'assurés CMU et ont créé avec l'aide active de monsieur Martin Hirsch l'optique solidaire pour les détenteurs de l'aide à la complémentaire santé ».

Selon le président d'Atol, la diversité des enseignes et la vive concurrence provoque, non pas une surenchère des prix mais au contraire une baisse des prix. « Ces grands capitalistes "hyper influents" sont à mille lieues de notre monde de la micro entreprise bien souvent familiale. Les grands groupes sont surtout préoccupés de rentabilité à court terme et agissent parfois à l'échelle mondiale. A l'opposé, les opticiens qui sont traditionnellement enracinés dans le tissu économique local qu'ils contribuent à dynamiser ».

Enfin, Eric plat demande à Marisol Touraine de ne pas « prêter une oreille trop disproportionnée aux accusations portées contre nous. Cette campagne arrive à l'heure où certains acteurs multi- millionnaires du net ratent leur arrivée sur notre marché et où tous les instituts d'études très sérieux comme le fond CMU ou l'Irdes constatent l'inefficacité de l'actions des Ocam à rendre la complémentaire santé accessible aux plus démunis, ou à mieux rembourser leurs ayants droit, alors que leurs frais de gestion explosent. Conscient que les français les plus modestes peuvent avoir des difficultés pour s'équiper de lunettes, faut-il pour autant clouer au pilori toute une profession ? »

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Écrit par la Rédaction

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