Invité à une conférence sur l'économie sociale organisée par Les Echos, le président d'Emmaüs France a dressé un raccourci des changements intervenus en 2008 dans les habitudes de consommation. Selon lui, résume le quotidien, "la crise n'a pas encore produit ses effets dévastateurs que les consommateurs, eux, sont déjà passés en mode ‘économie de guerre'. Trois phénomènes sont apparus au grand jour l'an dernier, a-t-il poursuivi En gestation depuis plus longtemps, ils ont émergé avec la crise comme champignons après la pluie."
 
La première secousse est venue de la hausse brutale des cours du pétrole : "Après des années de prêche inutile sur le réchauffement climatique, les consommateurs semblent avoir ressenti cette envolée des prix comme une punition de Dieu. Une prise de conscience qui a également concerné toutes les matières premières y compris agricoles", rapporte Les Echos.
 
Le deuxième choc ébranle les hypers : "Les usines à consommer et leurs rayons insipides ne font plus recette. Quand ils ont les moyens, les Français reviennent au commerce de proximité et quand ils ne les ont pas, ils se précipitent vers les discounters. Souvent ils font les deux."
 
Le troisième mouvement sert la consommation bio : "L'indicateur yaourt ne trompe pas. Les ventes se sont effondrées de près de 8% pour les produits ordinaires tandis que celles de leurs homologues bio ont explosé de 25%. Payer plus cher oui mais pour de la qualité et du sens, celui d'une vie plus saine."
 
Et le président d'Emmaus de conclure : "Voici le nouveau consommateur : radin, informé (merci Internet) et sélectif". Si ces tendances sont dans l'air depuis plusieurs années, souligne Les Echos, "les trois secousses de 2008 couplées au 'big one' de la crise financière nous ont fait basculer dans un nouveau monde".

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