"Le capitalisme familial à l'italienne a servi de bouclier anti-crise à de nombreuses marques de luxe, restées pour leur grande majorité sourdes aux sirènes de la bourse". Tandis que la tourmente économique semble derrière nous, nos confrères de l'AFP dressent les "leçons italiennes" de la crise.
 
"Le point fort du luxe italien, c'est le modèle de gouvernance, le fait d'avoir des entreprises familiales comme Tod's, Ermenegildo Zegna, Giorgio Armani qui ont une vision à long terme", souligne Stefania Saviolo, professeur d'économie spécialisée en mode et luxe à l'université Bocconi de Milan. Leur parcours de croissance a été équilibré, ils n'ont pas fait trop d'acquisitions, sont restés souvent loin de la Bourse afin de maintenir le contrôle".
 
"Notre famille a toujours réinvesti tous ses profits. C'est la base sur laquelle nous nous sommes développés. Et grâce à cela, nous avons la chance d'affronter la crise sans dette à l'égard des banques", témoigne Giovanna Furlanetto, présidente de la griffe Furla et petite fille du fondateur.
 
Autre exemple avec la marque Tod's, célèbre pour ses mocassins à picots : en mars dernier, alors que la plupart des entreprises réduisaient leurs effectifs, le groupe annonçait le versement d'une prime de 1.400 euros à ses employés. "Dans les moments difficiles, l'entreprise familiale a des avantages: les membres de la famille font preuve de passion et se serrent la ceinture, travaillant pour rien pendant des mois", note Armando Branchini, secrétaire général de la fondation Altagamma, qui réunit les grands noms du luxe italien.
 
"Il y a un adage que beaucoup de ces familles suivent, conclut-il. Lorsque cela va bien, l'entreprise donne à la famille mais lors des crises, c'est la famille qui doit rendre à l'entreprise."

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