Dans une interview accordée au quotidien Les Echos du 4 mars 2011, Hubert Sagnières, directeur général d'Essilor International, a dévoilé sa vision de l'avenir du marché de l'optique. Il s'exprime notamment sur la vente de lunettes par Internet.
 
Une aide à l'information sur les produits
 
« L'offre Internet est mieux adaptée à des verres simples qu'à des produits complexes comme les verres progressifs pour lesquels des prises de mesures supplémentaires par l'opticien sont nécessaires. Quatre milliards de personnes ont besoin de lunettes et 2,4 milliards n'en ont pas, pour des raisons de prix et d'accessibilité. Internet apporte un début de réponse au premier frein, et une bonne solution au second. Quant aux 1,6 milliard de personnes qui sont corrigées, elles n'utilisent pas tout le portefeuille de produits car elles ne le connaissent pas. Internet est une opportunité pour fournir de l'information et améliorer la connaissance des produits. En revanche, il est indispensable que le consommateur consulte son ophtalmologiste régulièrement pour un examen de vue », estime-t-il.
 
Un mode de distribution parfois bénéfique pour les magasins
 
Hubert Sagnières ne se montre ainsi pas défavorable à ce nouveau mode de distribution, estimant que « tout système qui peut accélérer l'accès aux moyens de correction visuelle et donc l'accélération de la demande me semble bon. Aux Etats-Unis, les opticiens utilisent Internet pour créer du trafic supplémentaire dans leurs magasins, car le patient doit y passer pour ajuster ses lunettes. Prenez l'exemple des lunettes loupes avec de montures toutes faites il y a 20 ans, certains étaient inquiets mais ce modèle s'est finalement imposé partout. Et ce n'est pas la même cible : il vise les presbytes entre 35 et 45 ans qui n'ont pas le temps d'aller chez l'ophtalmologiste, et achètent en pharmacie ou en grande surface ».
 
Concernant l'avenir d'Essilor, le patron espère une croissance « de 9 à 10 % par an comme c'est le cas depuis dix ans ». Le groupe continuera sa politique d'acquisitions, notamment vers « des affaires familiales dans des activités conjointes aux nôtres ».
 

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