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Sommaire

  • LE MARCHÉ REBONDIT ET RENOUE AVEC LA CROISSANCE

  •  EN 2018, LES ENSEIGNES ONT "SUR-PERFORMÉ"

  •  BAISSE DU CHÔMAGE MAIS DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT SANS PRÉCÉDENT 
  • EN DÉPIT DE LA CROISSANCE DU MARCHÉ, DES DÉFAILLANCES EN HAUSSE
  • LE RACHAT DE GRANDVISION PAR ESSILOR LUXOTTICA REBAT LES CARTES

LE MARCHÉ REBONDIT ET RENOUE AVEC LA CROISSANCE

Graphique CA

 

C’est une excellente nouvelle : le secteur a retrouvé en 2018 un bon rythme de croissance. Nous l’avions estimée en juin dernier à + 2 % avec un CA global de 6,787 milliards € (lire Bien Vu juin 2019, page 12-13). Compte tenu des résultats publiés en septembre par la Drees, nous évaluons désormais cette hausse à + 3,3 %. Ce qui porte le chiffre d’affaires global à 6,872 milliards €. Ce rebond significatif résulte en grande partie du renouvellement des équipements tous les 2 ans, consécutif à la réforme des contrats responsables mise en place de fait en 2016. Ce que confirme la Drees : les volumes ont plus augmenté (+ 3,6 %) que les prix (+ 0,9 %). Et le dynamisme du marché s’est poursuivi en 2019 : sur les 9 premiers mois de l’année, en dépit d’un mois de septembre décevant, les ventes optiques affichent + 3,2 % (source : Banque de France). 

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    ÉVOLUTION 2008 - 2018 DU NOMBRE DE POINTS DE VENTE (en unités)

     

     

     

    ON CRÉE TOUJOURS DES POINTS DE VENTE !

     

     En 2018, contre toute attente, le parc de magasins enregistre une augmentation en France Métropolitaine + Dom: il totalise 12 765 points de vente (soit 19 magasins d’optique pour 100 000 habitants). Le solde positif est certes faible : + 73 magasins, soit une hausse de + 0,5 %. Mais il rompt avec la tendance baissière initiée en 2015. Cette légère croissance repose principalement sur la création de magasins indépendants et de points de vente des microchaînes, les enseignes coopératives accusant un solde négatif (- 22 magasins).

     

     

    EVOLUTION 2008 - 2018 DU CHIFFRE D'AFFAIRES MOYEN PAR MAGASIN (en euros) 
     

UN CA MOYEN PAR MAGASIN EN HAUSSE

 Avec un marché en hausse de + 3,3 % et un parc de magasins en très légère augmentation, logiquement le chiffre d’affaires moyen par magasin est en hausse de + 2,7 % (538 384 €). Une moyenne qui ne rend pas compte des disparités entre les réseaux de distribution. Les opticiens indépendants affichent ainsi un CA moyen de 284 000 €, en baisse de - 2 %.

ÉVOLUTION 2008 - 2018 DE L'INDICE DES PRIX, OPTIQUE MÉDICALE / CONSOMMATION  / COMPLÉMENTAIRES SANTÉ (mesure base 100) 

+ 3,3 % EN 10 ANS POUR LES PRIX OPTIQUES

 Après une baisse continue depuis 2015, les prix de l’optique médicale sont repartis à la hausse en 2018. Néanmoins, sur 10 ans, leur augmentation demeure largement inférieure à celle des prix à la consommation et des complémentaires santé. Un écart entre progression des prix optiques et hausse des prix Ocam qui devrait se renforcer à partir de 2020 avec la réforme 100 % Santé.

DÉMOGRAPHIE DES 3“O” EN 2018 

 

En 2018, on compte 7 orthoptistes, 9 ophtalmologistes et 55 opticiens pour 100 000 habitants. Et les déséquilibres démographiques entre les 3 “0” se confirment d’année en année : 42 % des ophtalmologistes ont actuellement plus de 60 ans et 25 % moins de 45 ans. La pyramide des âges est exactement inverse pour les orthoptistes et les opticiens : 10 % des orthoptistes et 8 % des opticiens ont plus de 60 ans, 65 % des orthoptistes et 75 % des opticiens moins de 45 ans. Ces données démographiques montrent, quoi qu’en dise le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof), la nécessité de repenser la filière visuelle entre les 3 “0” pour améliorer l’accès aux soins dans toutes les régions. Le travail aidé ajouté aux protocoles organisationnels et aux effets des décrets Opticiens et Orthoptistes de 2016 ont permis une diminution des délais d’attente pour un rendez-vous chez l’ophtalmologiste (52 jours selon les chiffres de la Drees publiés en 2018, 43 jours selon l’étude de CSA 2019 pour le Snof). Mais il ne suffit pas à les résorber complètement et à résoudre le problème des inégalités géographiques, d’autant que seuls les opticiens couvrent l’ensemble du territoire. Élaborés par le rapport Voynet en 2015, les grands axes de la restructuration de la filière (renforcement des coopérations interprofessionnelles, développement des coopérations et des compétences des opticiens, nouvelle architecture de leur formation…) devraient être clairement définis par les pouvoirs publics d’ici la fin de l’année 2019. 

 EN 2018, LES ENSEIGNES ONT "SUR-PERFORMÉ"

ÉVOLUTION DE LA DISTRIBUTION 

En France métropolitaine + Dom, le parc de magasins optique s’élève à 12 765 en 2018, en légère hausse de + 0,5 %. La tendance s’inverse donc étonnamment par rapport aux 2 dernières années où la décrue du nombre de points de vente s’était amorcée et le solde ouvertures/fermetures était devenu négatif. Néanmoins, en 2018, la distribution optique a enregistré une augmentation de + 12,3 % des défaillances (lire aussi page 24). Signe d’une mutation de la structure du marché ? Les opticiens continuent de créer des magasins, alors même que le nombre de défaillances s’accroît d’année en année (+ 43,8 % en 5 ans). Autre élément à prendre en compte dans l’évolution à venir de ce solde ouvertures/fermetures positif cette année : le nombre d’opticiens (12 %) susceptibles de partir à la retraite dans les 10 ans et dont les magasins ne seront pas repris. 

PARTS DE MARCHÉ 2018 PAR CIRCUIT DE DISTRIBUTION (en %)

Source : Distributeurs - Crédit : Bien Vu 

 

 

 

LA RÉPARTITION DU MARCHÉ PAR CIRCUIT DE DISTRIBUTION 

LES FRANCHISES ET SUCCURSALES RATTRAPENT LES ENSEIGNES COOPÉRATIVES

 Les franchises et succursales ont poursuivi en 2018 leur inexorable progression sur le marché : elles ont enregistré une hausse de leur CA de + 40,9 % en l’espace de 10 ans ! Et leur part de marché (32,1 %) talonne désormais celle des enseignes coopératives qui est restée à peu près stable sur 10 ans. Parallèlement, on observe l’érosion continue des parts de marché des indépendants sur la dernière décennie. 

ÉVOLUTION 2008 - 2018 DU CA TTC ET DES PARTS DE MARCHÉ PAR TYPE DE DISTRIBUTION (en milliards d’euros)

NOMBRE DE POINTS DE VENTES 2018 ET ÉVOLUTION VS 2017 (en unités) 

 

OPTIC 2000 TOUJOURS PREMIÈRE

 Avec 1 148 points de vente, Optic 2000 reste l’enseigne qui totalise le plus grand nombre de magasins, répartis sur l’ensemble du territoire. Et ce en dépit d’une baisse de 35 magasins en 2 ans. Atol occupe cette année la 4e place ex aequo avec une diminution de son parc. Côté progression, on retrouve Optical Center qui poursuit son expansion avec 34 magasins supplémentaires en 2018 et, dans une moindre mesure, Générale d’Optique. Toutefois, ce classement du nombre de magasins évolue peu d’année en année depuis 3 ans, illustration de la stratégie des enseignes de privilégier la hausse du CA moyen par magasin plutôt que la croissance de leur parc. 

CA TTC MOYEN PAR MAGASIN 2018 (EN K€) ET ÉVOLUTION VS 2017 (en %) 

KRYS FLIRTE AVEC LE MILLION € DE CA MOYEN

Si GrandOptical continue d’afficher le CA moyen par magasin le plus important (notamment grâce à son magasin des Champs-Elysées), talonné par Optical Center, l’enseigne coopérative Krys consolide sa 3e place avec une hausse de + 5,1 % du CA moyen par magasins. Les 2 autres enseignes du Krys Group enregistrent des croissances à 2 chiffres. Bonne progression également d’Optic 2000, de Générale d’Optique et d’Alain Afflelou.

TOP 11 DES MARQUES DE VERRES CONNUES (en % des porteurs) 

(Base : 1 528 porteurs de 18 à 75 ans, acheteurs de lunettes de vue au cours des 12 derniers mois) 

Sans surprise, Varilux et Essilor arrivent en tête en termes de notoriété auprès des consommateurs. Environ 8 porteurs sur 10 connaissent ces 2 marques, une proportion même supérieure pour les presbytes (respectivement 85 et 86 %). Ray-Ban occupe la 3e place  : probablement, la notoriété de la marque pour ses montures explique ce classement. A noter la 4e place de Nikon, résultat de sa communication auprès du grand public, fondée sur la synergie optique/photo et déployée ces dernières années. 

 BAISSE DU CHÔMAGE MAIS DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT SANS PRÉCÉDENT

LE CHÔMAGE A DIMINUÉ DE 11,5 % EN 2018

Alors que la baisse tendancielle du chômage se confirme, les tensions à l’embauche se renforcent pour les employeurs.

UN MARCHÉ DE L’EMPLOI CONTRASTÉ, Profitant de la croissance consolidée dans le secteur, le marché du travail a retrouvé des couleurs en 2018. Le chômage y a connu l’une de ses plus fortes décrues des 10 dernières années (- 11,5  %), après une timide baisse de - 0,1 % en 2017. En 4 ans, le nombre d’opticiens sans emploi a chuté de 15 %. Cette embellie pourrait pourtant être ternie par les effets déflationnistes du 100 % Santé et les menaces que la réforme ferait planer sur l’emploi. Selon l’étude du cabinet Astarès-Rinzen réalisée pour le compte du Gifo en 2018, 500 à 2 400 postes d’opticiens seraient menacés à terme. 

DES TENSIONS À L’EMBAUCHE GRANDISSANTES, Ces perspectives négatives sont à nuancer, compte tenu de la capacité du marché à ajuster son offre en termes d’emploi. Les dynamiques d’embauche restent en effet positives dans le secteur. Positives, mais pas toujours bien ajustées. L’enquête annuelle BMO (Besoins de main d’œuvre) réalisée par Pôle Emploi pour sonder les projets d’embauche et les difficultés de recrutement, le confirme. En 2018, les employeurs d’activités d’appareillage médical (principalement les opticiens, mais aussi les audioprothésistes) annonçaient plus de 3 000 offres d’embauche. Tout en alertant sur des problèmes de recrutement sans précédent. La part d’offres peinant à trouver preneurs a ainsi augmenté de 15 points en 2 ans. 

TAUX DE CHÔMAGE ET ÉVOLUTION 2017 - 2018 PAR RÉGION 

 

L’EMPLOI À LA PEINE EN ILE-DE-FRANCE ET PACA

Traditionnellement fortement touchées par le chômage, les régions peu denses (CentreVal de Loire, Normandie, Bourgogne-Franche-Comté,…) profitent de l’embellie sur l’emploi avec des taux nettement réduits. Les difficultés se concentrent dans les régions les plus attractives et autour des grandes métropoles : Paris, Lyon, Marseille… Là où les points de vente comme les candidatures sont les plus nombreux. 

 EN DÉPIT DE LA CROISSANCE DU MARCHÉ, DES DÉFAILLANCES EN HAUSSE

LES DÉFAILLANCES DE COMMERCES DE DÉTAIL D’OPTIQUE PAR RÉGION EN 2018 (en unités) 

Source : Altares - Crédit : Bien Vu 

 

DE FORTES DISPARITÉS RÉGIONALES

 En 2018, le secteur optique a connu 128 défaillances de magasins* contre 114 en 2017, soit une hausse de + 12,3 % en un an. Parmi ces 128 défaillances, 97 étaient des liquidations judiciaires. En analysant leur évolution sur 5 ans par Altares, on remarque que celles-ci ne cessent d'augmenter (+ 43,8 % vs 2013). Et il existe toujours de fortes disparités selon les régions. Ainsi, l'Ile-de-France et le Grand-Est restent les plus touchées avec respectivement 31 et 21 liquidations et/ou redressements judiciaires. A noter que le Grand-Est est passée de 9 défaillances à 21, soit un bond de + 133 %. Et c'est en Centre-Val-de-Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Bretagne, que le taux de défaillances est le plus faible (inférieur à 5). En dépit des mauvais résultats de l'année 2018, les premiers éléments pour 2019 semblent augurer une plus faible sinistralité pour le secteur. *Ce chiffre comprend les liquidations judiciaires et les redressements judiciaires mais ne tient pas compte des procédures de sauvegarde.

LE RACHAT DE GRANDVISION PAR ESSILOR LUXOTTICA REBAT LES CARTESLE RACHAT DE GRANDVISION PAR ESSILOR LUXOTTICA REBAT LES CARTES

LE RACHAT DE GRANDVISION PAR ESSILOR LUXOTTICA REBAT LES CARTES 

Avec le rachat annoncé en juillet 2019 de GrandVision, Essilor Luxottica pourrait entrer massivement dans la distribution optique en Europe avec 4 275 magasins qui tomberaient dans son escarcelle. En France, cette arrivée dans le retail du géant mondial de l’optique recomposerait le paysage optique puisqu’il deviendrait le 3e acteur du marché avec 12 % de parts de marché. Pourtant, au niveau européen, Essilor Luxottica ne totaliserait jamais plus de 10 % des points de vente des principaux marchés (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni).