Les recommandations de bonnes pratiques qui viennent d'être publiées par la Haute Autorité de Santé ont été élaborées à la demande du ministère de la Santé et de la Cnamts. Elles établissent, pour les opticiens, un référentiel sur les situations dans lesquelles ils doivent orienter le patient vers l'ophtalmologiste avant délivrance de verres correcteurs. Pour les ophtalmologistes, elles établissent un référentiel sur les situations pathologiques justifiant que le médecin s'oppose à la délivrance après adaptation par un opticien dans les conditions prévues par le décret de 2007.

Des limitations justifiées par des précautions médicales

Pour la rédaction de ces recommandations, les différents comités qui se sont succédés (de pilotage, de cotation, de lecture, composés d'ophtalmologistes, d'opticiens et d'orthoptistes) ont du répondre aux deux questions suivantes :
-Dans quelles situations cliniques est-il recommandé qu'un ophtalmologiste s'oppose à l'adaptation de la prescription médicale initiale de lunettes par un opticien ?
-Quel niveau d'évolution de la réfraction devrait conduire l'opticien à orienter le patient vers l'ophtalmologiste avant délivrance de lunettes et quelles sont les conditions de cette orientation ?

Le principal argument médical invoqué pour aboutir aux recommandations publiées a été « de ne pas méconnaître une pathologie sous-jacente ou en développement ». La HAS explique ainsi que « le risque évoqué d'un délai de 3 ans sans suivi ophtalmologique dans certaines populations de patients est celui d'un retard au diagnostic de pathologies ophtalmologiques asymptomatiques (glaucome, rétinopathie, DMLA...) ». Prenant pour appui les recommandations déjà mises en oeuvres dans d'autres pays, la HAS a souligné qu'il est admis que ces pathologies oculaires nécessitent des rendez-vous fréquents. Cet argument a été retenu par la majorité des membres des groupes de pilotage, de cotation et de lecture, qui a également rappelé que chaque cas est particulier, le médecin devant rester seul juge de sa prescription.

Utiliser le dossier optique partagé dès sa mise en oeuvre

Notons que la possibilité pour l'ophtalmologiste d'indiquer l'acuité visuelle de son patient sur son ordonnance a été discutée. Elle a finalement été refusée : certains craignaient notamment que cette mesure puisse être utilisée à l'encontre du patient, par exemple par des complémentaires santé. « La mise en place dans un futur proche du dossier optique partagé devrait permettre un accès sécurisé aux données du patient ; l'acuité visuelle et ses modalités d'évaluation y seront précisées », explique la HAS.

Ces recommandations devront être actualisées dans un délai de 5 ans ou en cas de nécessité (évolution du contexte réglementaire, impact des recommandations, évaluations des protocoles de coopération mis en oeuvre dans le cadre de l'article 51 de la loi HPST...)

Lire aussi notre news du 15 avril : Les recommandations de bonne pratique pour les opticiens sont publiées : leur contenu

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Écrit par la Rédaction

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