Les négociations sur la grille salariale de la convention collective de l'optique ont été rompues entre les partenaires sociaux. L'Union des Opticiens (UDO) proposait aux différents syndicats, CFDT, CGC, CGT, CFTC, une mise à jour de la grille des rémunérations. Cette proposition a conduit au refus, à la suspension de séance et à la rupture.
Interrogé à ce sujet, Alain Bach, Directeur de l'UDO, dédramatise la situation.

Acuite. Qu'avez -vous proposé comme méthode de calcul de la nouvelle grille de salaires ?
Alain Bach. Nous avons utilisé les références de mars 2001 auxquelles nous avons appliqué deux règles : une pour transformer les montants en euros, une seconde pour les ramener à une base de 35 heures au lieu de 39 heures.

Acuite. Les syndicats des travailleurs ont interprété cela comme une baisse des salaires ?
Alain Bach. Il y a eu sans doute un effet d’image de leur représentation auprès des salariés. Pour eux, les montants étaient apparemment diminués. Cela leur semblait inadmissible.

Acuite. Comment justifiez-vous votre proposition ?
Alain Bach. . Ce n'est pas une proposition, mais une réalité qui s'impose à tous : la durée légale du travail (visée par la Convention Collective) est désormais de 35 heures. C’est sur cette base officielle que les minima doivent être calculés dorénavant, de la même façon que l’euro est basé sur un taux de 6,56 Francs. C’est une application mécanique des dispositions d’ordre public.

Acuite. Cela revient à diminuer la rémunération de la profession ?
Alain Bach. Même si la loi n’oblige aucune entreprise à payer les 35 heures au salaire de 39 heures, il peut être de l’intérêt commun bien compris de maintenir la rémunération antérieure, pour une meilleure implication du personnel dans son travail.
Dans ce cas, il convient de modifier la fiche de paie : une base de 35 heures et un complément de salaire représentant la différence par rapport à l’ancien salaire. En toute hypothèse la base de référence est 35 heures par semaine. D'autres branches professionnelles ont adopté un mécanisme similaire.


Acuite. Les négociations sont-elles vraiment dans l'impasse ?
Alain Bach. Il faut relativiser. Je répète que les syndicats des salariés sont victime d’un effet d’image. La nouvelle grille, qui était une base de travail sur laquelle nous avions des propositions de revalorisation à faire, représente un salaire minimal.
Les rémunérations étant en moyenne supérieure aux minima, cette base de référence est très peu appliqué dans la profession, si ce n'est pour le calcul de la prime d'ancienneté. Celle dernière doit dorénavant être calculée sur cette base, quitte à verser un complément équivalent pour maintenir la rémunération.


Acuite. Alors à quand la reprise des négociations ?
Alain Bach. M. Henry-Pierre Saulnier, notre Président, l'a très officiellement déclaré à nos partenaires sociaux : nous sommes prêts à reprendre prochainement les négociations. Pour l’instant, nous préconisons à nos adhérents d’utiliser notre référence de salaire et de privilégier la négociation au sein de leur entreprise.
Écrit par la Rédaction

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