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Alors que le législateur vient d'autoriser le partage de données de santé entre l'Assurance maladie et les organismes complémentaires, voilà qu'une nouvelle cyberattaque frappe l'optique. 

Si l’ampleur exacte de la fuite n’est pas encore détaillée, le fichier évoqué contiendrait plus de 44 millions de lignes et surtout 15,4 millions de numéros de sécurité sociale uniques, relançant les inquiétudes autour de la cybersécurité dans le secteur de la santé… et plus particulièrement du tiers-payant. 

15 millions d'assurés concernés

Selon un communiqué transmis à l’AFP, l’attaque a permis « un accès non autorisé au site de délivrance des prises en charge (PEC) » utilisé par certains professionnels et établissements de santé. 

Les données « potentiellement exposées » comprennent les nom, prénom, date de naissance, numéro de Sécurité sociale, nom de l’assureur santé, numéro de contrat ainsi que les périodes de couverture. 

En revanche, Almerys affirme que les informations bancaires, les données de santé, les remboursements de soins, les mots de passe ou encore les coordonnées de contact ne sont pas concernés par cette compromission. 

Le pirate à l’origine de la revendication, connu sous le pseudonyme « Lagui », avait déjà été associé à plusieurs affaires médiatisées. Plusieurs mutuelles, clients d'Almerys, seraient concernées : Alan, MGEN, ou encore AG2R La Mondiale. 

Des perturbations pour les professionnels de santé 

Pour contenir l’incident, Almerys indique avoir immédiatement fermé le site PEC concerné. Une décision qui entraîne des difficultés opérationnelles pour plusieurs secteurs, notamment l’optique, l’audiologie, le dentaire ou encore certaines prises en charge hospitalières. L’opérateur précise toutefois que les autres services de tiers-payant restent opérationnels : gestion des flux, mises à jour des bases et paiements des prestations continueraient de fonctionner normalement. 

Une phase transitoire avec des « solutions de contournement » serait actuellement en préparation afin de permettre une réouverture progressive du service. Pour les opticiens, cette situation rappelle la forte dépendance de la profession aux plateformes de tiers-payant. Toute interruption technique peut rapidement ralentir les délivrances et complexifier la gestion administrative en magasin. 

Un secteur de plus en plus ciblé 

Cette nouvelle attaque intervient un peu plus de deux ans après le piratage massif de Viamedis et Almerys révélé début 2024, qui avait concerné plus de 33 millions de Français. En 2025, le réseau de soins Itelis avait à son tour été touché, avant une attaque visant Cegedim début 2026, confirmant l’intérêt croissant des cybercriminels pour les données liées au remboursement des soins et à l’identité des assurés.
Dans ce type d’affaires, les conséquences ne se limitent pas à la fuite brute des données. La combinaison d’informations personnelles détaillées permet souvent de construire des escroqueries particulièrement crédibles et difficiles à détecter pour les victimes.

Enquête en cours

Almerys indique avoir déposé plainte auprès du procureur de la République, saisi la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) ainsi que l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI). Le parquet de Paris a confié l’enquête à la brigade spécialisée de la préfecture de police.

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