Selon la FNOF, mettre fin aux campagnes fondées sur les remises et les offres promotionnelles contribuerait à repositionner l’opticien dans son rôle de professionnel de santé.

« Aujourd’hui, on passe plus pour des vendeurs de tapis et des camelots que pour des professionnels de santé »

Hugues Verdier-Davioud, président de la FNOF.

« 30 000 euros par magasin »

La Fédération avance également un argument économique. 

Hugues Verdier-Davioud évoque 380 millions d’euros de dépenses publicitaires des enseignes en 2024 et estime leur coût à environ 30 000 euros par magasin. « Ce montant par magasin, cela peut financer un emploi. Et ramené à l'équipement, c'est 25 euros qui participent au pouvoir d'achat du patient », calcule-t-il.

Dans un contexte de tensions sur l'activité et les trésoreries, la disparition de certaines contributions versées par les points de vente aux sièges des enseignes pour financer la publicité pourrait, selon la FNOF, redonner de l'air aux magasins

« La Fédération voit surtout un bienfait pour la trésorerie des magasins qui souffrent énormément en ce moment »

Publicité commerciale et prévention à distinguer

La FNOF insiste toutefois sur la distinction entre promotion commerciale et information en santé. Les campagnes de prévention ou d'information ne seraient pas, selon l'analyse de la Fédération, de même nature que les messages visant directement à déclencher une vente.
« Est-ce que la publicité était faite pour consommer ou est-ce qu'elle était faite pour informer ? », interroge Hugues Verdier-Davioud. À ses yeux, les campagnes proposant des dizaines d'euros de remise ou des avantages à dépenser en shopping et loisirs relèvent clairement du commerce et non de la prévention.

Vigilance sur les complémentaires et les réseaux de soins

La Fédération pose néanmoins une ligne rouge. 

Une éventuelle réforme ne doit pas permettre aux complémentaires santé de récupérer indirectement les économies réalisées par les opticiens

« L'optique n'a pas vocation à assainir les pieds de bilan des complémentaires santé »

Il appelle également à surveiller le rôle des réseaux de soins et les accords commerciaux susceptibles d'orienter encore davantage les assurés vers certains fabricants ou certaines enseignes.
Enfin, le président de la FNOF reste prudent sur la concertation actuellement engagée. Il redoute que les arbitrages soient déjà largement effectués. Selon lui, le gouvernement souhaiterait avancer rapidement, avec des réponses attendues avant la fin du mois et une possible publication du texte avant l'examen du PLFSS.

Rappelons que le projet du gouvernement est de supprimer la dérogation concernant la publicité en optique et en audio. Ce qui signifie aucune mise en avant de produits remboursables. 

Écrit par la Rédaction

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