Temps de lecture : 3 min
Selon la FNOF, mettre fin aux campagnes fondées sur les remises et les offres promotionnelles contribuerait à repositionner l’opticien dans son rôle de professionnel de santé.
« Aujourd’hui, on passe plus pour des vendeurs de tapis et des camelots que pour des professionnels de santé »
Hugues Verdier-Davioud, président de la FNOF.
« 30 000 euros par magasin »
La Fédération avance également un argument économique.
Hugues Verdier-Davioud évoque 380 millions d’euros de dépenses publicitaires des enseignes en 2024 et estime leur coût à environ 30 000 euros par magasin. « Ce montant par magasin, cela peut financer un emploi. Et ramené à l'équipement, c'est 25 euros qui participent au pouvoir d'achat du patient », calcule-t-il.
Dans un contexte de tensions sur l'activité et les trésoreries, la disparition de certaines contributions versées par les points de vente aux sièges des enseignes pour financer la publicité pourrait, selon la FNOF, redonner de l'air aux magasins.
« La Fédération voit surtout un bienfait pour la trésorerie des magasins qui souffrent énormément en ce moment »
Publicité commerciale et prévention à distinguer
La FNOF insiste toutefois sur la distinction entre promotion commerciale et information en santé. Les campagnes de prévention ou d'information ne seraient pas, selon l'analyse de la Fédération, de même nature que les messages visant directement à déclencher une vente.
« Est-ce que la publicité était faite pour consommer ou est-ce qu'elle était faite pour informer ? », interroge Hugues Verdier-Davioud. À ses yeux, les campagnes proposant des dizaines d'euros de remise ou des avantages à dépenser en shopping et loisirs relèvent clairement du commerce et non de la prévention.
Êtes-vous favorable à l'interdiction de la publicité pour les lunettes ? Participez à notre sondage ici.
Vigilance sur les complémentaires et les réseaux de soins
La Fédération pose néanmoins une ligne rouge.
Une éventuelle réforme ne doit pas permettre aux complémentaires santé de récupérer indirectement les économies réalisées par les opticiens.
« L'optique n'a pas vocation à assainir les pieds de bilan des complémentaires santé »
Il appelle également à surveiller le rôle des réseaux de soins et les accords commerciaux susceptibles d'orienter encore davantage les assurés vers certains fabricants ou certaines enseignes.
Enfin, le président de la FNOF reste prudent sur la concertation actuellement engagée. Il redoute que les arbitrages soient déjà largement effectués. Selon lui, le gouvernement souhaiterait avancer rapidement, avec des réponses attendues avant la fin du mois et une possible publication du texte avant l'examen du PLFSS.
Rappelons que le projet du gouvernement est de supprimer la dérogation concernant la publicité en optique et en audio. Ce qui signifie aucune mise en avant de produits remboursables.
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
Marche arrière du gouvernement sur le projet d’interdiction de la publicité en optique et audio
Publié le 24 septembre 2026
Le projet de suppression de la dérogation autorisant la publicité en optique est suspendu. C'est la ministre de la Santé Stéphanie Rist, via son service de presse, qui l…
Suppression de la publicité en audio : pour le Synea, c'est non
Publié le 24 septembre 2026
Dans un courrier adressé le 21 septembre à la ministre de la Santé Stéphanie Rist, l’organisation estime qu’une interdiction générale risquerait d’accentuer le non…
Optique et audio : le SDA favorable à un encadrement renforcé de la publicité
Publié le 22 septembre 2026
Le Syndicat des audioprothésistes (SDA) se prononce en faveur du projet d’encadrement de la publicité qui concerne à la fois l’audioprothèse et l’optique. Réuni en…
Les dernières news
Décès de Larry Roth, cofondateur de Marchon Eyewear, à l'âge de 75 ans
Publié le 30 septembre 2026
L'industrie mondiale de l'optique rend hommage à l'une des figures de son histoire récente. Larry Roth, cofondateur de Marchon Eyewear, est décédé à l'âge de 75 ans. Il…
Paillettes, confettis, café… les montures françaises qui nous ont séduit au Silmo 2026
Publié le 30 septembre 2026
Au Silmo 2026, Carla Vivien, opticienne et animatrice pour Acuité, est partie à la recherche de montures 100 % fabriquées en France. Direction le hall 7 pour découvrir…
Le groupement des industriels et fabricants de l'optique (Gifo) dévoile 17 propositions pour soutenir l'…
Publié le 30 septembre 2026
Face à l'explosion des besoins de soins liés au vieillissement démographique et aux modes de vie numériques, le groupement des industriels et fabricants de l'optique …
Et si en supprimant la pub les opticiens habitués à marteler à longueur d’année le paysage pour jouer des coudes avec leur concurrence, voyaient entrer dans leurs magasins des clients curieux et lucides, qui en ont assez d’être infantilisés par des messages merveilleux?
Ce serait certainement dommage pour les publicitaires, les directeurs d’enseignes, les franchiseurs, les soldeurs, et tout ce pan de l’activité qui au bout du compte n’est pas utile pour le confort visuel des porteurs, mais arrêter de s’adresser à la part crédule et naïve du “consommateur”,comme ils l’appellent, pour lui parler avec respect, ça vaut vraiment le coup de tenter. Ça pourrait élever le niveau. On n’ose y rêver. Imagine, above us only sky.
Et VOUS opticien merveilleux vous n'aurez plus le droit de communication aussi. Comment faire savoir que VOUS etes le meilleur?
Magasin sans aucune com, pas de site internet, ni Instagram, peut etre meme sans vitrine (bref je n'envie pas d etre pharmacien: tous ideniques ).... francheemnt vous existez parce que vous presentez un service et des produits différents de vos confreres ...
Les opticiens ont tout à y gagner : c'est à voir, mais les enseignes, certainement pas. Vous côtisez au Rof sous l'aimable pression de votre enseigne ?