Temps de lecture : 3 min
« Aujourd'hui, la téléexpertise entre un opticien et un ophtalmologiste aujourd'hui c'est souvent une vente d'ordonnance par des ophtalmologistes et un achat d'ordonnances par des opticiens », résume Vincent Dedes, président du syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof). « Aujourd'hui la téléexpertise entre un opticien et un ophtalmologiste n'est pas définie, il n'y a pas de cotation, parce que la Caisse d'assurance maladie ne le souhaite pas ».
Téléconsultation VS téléexpertise
Le Snof, plutôt favorable à la téléconsultation encadrée dans les magasins d'optique, émet de sérieux doutes quant à la légalité de certaines solutions de téléexpertises. La Haute Autorité de Santé qui a récemment émis des recommandations concernant la téléconsultation ne s'est pas exprimée sur la téléexpertise, qui n'entrait pas dans son champ d'étude.
En dehors du cadre règlementaire ?
Si les solutions de téléexpertise fleurissent ces derniers mois et que de plus en plus d'opticiens y adhèrent, le cadre règlementaire implique des limites qui sont franchies dans certains cas, selon le Snof. Des modèles qui rappellent le site ophtalmos.io, fermé début 2023 après l'intervention du Snof.
Dans l'interview vidéo ci-dessus, réalisée lors du 130e congrès de la Société Française d'Ophtalmologie, le syndicat explique les dérives qu'il constate dans certains modèles de téléexpertise : « Parfois la téléexpertise est en fait totalement inexistente, l'ophtalmologiste ne connait pas son patient, n'échange pas avec lui, ce qui est contraire à la déontologie et à l'article 65* de la Loi de financement de la sécurité sociale 2024 ».
Cet article prévoit que la prise en charge financière des prescriptions réalisées par télémédecine ne peut avoir lieu qu'après un échange oral entre le patient et le médecin - ce qui n'est pas le cas dans la téléexpertise.
Procédures judiciaires en cours
Vincent Dedes indique également qu'actuellement plusieurs procédures judiciaires sont en cours, notamment à l'initative de l'Ordre des médecins et de l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance, et que la Cnam a été interpellée sur ce sujet. À la fois certains opticiens et sociétés de téléexpertise seraient ciblées.
« La Sécurité sociale et les Ocam s'intéressent au sujet de la prise en charge d'équipements optique obtenus suite à une téléexpertise. Ils sont rarement justifiés, souvent les corrections sont extrêmement faibles. On est loin d'une pratique médicale déontologique », conclut Vincent Dedes.
*Extrait de l'article 65 de la LFSS 2024 : « Les produits, les prestations et les actes prescrits à l'occasion d'un acte de téléconsultation réalisé en application de l'article L. 6316-1 du code de la santé publique ainsi que les prescriptions réalisées lors des télésoins mentionnés à l'article L. 6316-2 du même code ne sont pris en charge qu'à la condition d'avoir fait l'objet d'une communication orale, en vidéotransmission ou téléphonique, entre le prescripteur et le patient. »
Vous avez la parole !
pour pouvoir poster des commentaires
Nos lecteurs ont aussi lu...
Les recommandations de la HAS sur les lieux d'implantation des cabines de téléconsultation
Publié le 06 mars 2024
La Haute Autorité de Santé publie aujourd'hui ses recommandations relatives aux lieux et aux conditions d’environnement propice à la réalisation d’une téléconsultation…
Leonardo Maria Del Vecchio quitte ses fonctions exécutives chez EssilorLuxottica
Publié le 25 août 2026
Leonardo Maria Del Vecchio, fils et héritier du fondateur du géant de l'optique EssilorLuxottica, abandonne ses fonctions dirigeantes au sein du groupe. L'annonce a été…
Lunettes connectées : Meta et ses distributeurs visés par une plainte pénale en Allemagne
Publié le 17 août 2026
La question de la vie privée continue de rattraper les lunettes connectées. En Allemagne, l'ONG HateAid a déposé, le 12 août, une plainte pénale visant Meta,…
Les dernières news
10 questions pour tester vos connaissances… et gagner votre séjour au Silmo 2026
Publié le 25 août 2026
Opticiennes, opticiens : pour bien terminer cet été 2026, Acuité vous propose un quiz pour tester vos connaissances et tenter de remporter un prix à l'approche du Silmo…
Vol massif de données : une nouvelle mutuelle victime d'une attaque informatique
Publié le 25 août 2026
Une nouvelle cyberattaque a frappé le secteur des mutuelles en France. L'organisme de complémentaire santé Solimut a confirmé, lundi 24 août 2026, une intrusion au sein…
Leonardo Maria Del Vecchio quitte ses fonctions exécutives chez EssilorLuxottica
Publié le 25 août 2026
Leonardo Maria Del Vecchio, fils et héritier du fondateur du géant de l'optique EssilorLuxottica, abandonne ses fonctions dirigeantes au sein du groupe. L'annonce a été…
je pense que les opticiens ne demandent pas à investir encore et encore juste pour avoir des ordonnances et prendre un risque légal ou de ne pas être remboursé . Notre métier est de faire et d adapter des lunettes. Que chacun prenne ses responsabilités pour autoriser ou interdir , pour que les patients aient accès à des rendez vous de réfraction et nous puissions faire notre travail en toute sérénité. Personnellement payer la consultation au client puis faire le tiers payant sous tarif réseau puis subir le contrôle de l'ordonnance et de la facturation cela commence à ne pas être bien passionnant.