Ces données sont extraites du hors-série Bien Vu « Les chiffres du marché 2022 ». Pour le commander,  Cliquez-ici
Sommaire 

  • LES CHIFFRES 2023 POUR COMPRENDRE LE MARCHÉ
  • EN 2023, UN CA TTC À PLUS DE 8 MILLIARDS
  • UNE ANNÉE DE STABILISATION POUR LE MARCHÉ AUDIO
  • CONSOMMATION MARCHÉ PORTEUR 

  

LES CHIFFRES 2023 POUR COMPRENDRE LE MARCHÉ

Chiffres

 

UN CA TTC À PLUS DE 8 MILLIARDS € 

La consommation d’optique médicale a bondi de +8,1 % en 2023

Après une stabilisation en 2022, les dépenses en optique médicale (verres, montures, lentilles, dépenses d’entretien et suppléments facturés) ont fortement accéléré en 2023 pour atteindre 8,1 milliards €, selon l’édition 2024 des Résultats des comptes de la Santé de la Drees. Soit une croissance de +8,1 %. Selon notre évaluation, le CA TTC total du marché s'élève à 8,661 milliards €.

Une hausse en valeur et en volumes 

Cette forte progression s’explique par une augmentation conséquente des volumes (+5,5 %, après -0,6 % en 2022) et une hausse plus modérée des prix (+2,4 %, après +0,8 % en 2022). En valeur, on note le même rythme de croissance pour les verres et lentilles (+8,1 %) et les montures (+8,7 %). Pour tous les produits, c’est l’effet volume qui est déterminant  : +7,4  % pour les montures, +5,2  % pour les verres comme pour les lentilles. À noter que l’effet prix est plus limité pour les montures (+1,3 %) que pour les verres et les lentilles (+2,8  %). Au global, les dépenses s’élèvent à 5,25 milliards  € pour les verres, 2,04 milliards  € pour les montures et 831 millions € pour les lentilles.

MÉTHODOLOGIE 

La consommation d’optique médicale calculée par la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) correspond aux dépenses de verres, de montures et de lentilles, y compris les dépenses d’entretien et de réparation et éventuels suppléments facturés (ces derniers s’élèvent à 7 millions € en 2023). Cette consommation mesurée n’inclut pas celle de lunettes solaires non remboursables et de lentilles esthétiques. Pour notre évaluation du marché global, nous ajoutons donc les solaires et divers accessoires.

Dans son édition 2024 des Comptes de la santé, la Drees a réévalué les dépenses d’optique médicale pour la période 2019-2022 : 7,524 milliards € en 2022 par exemple (contre 7,256 milliards € initialement communiqués l’année dernière). Nous avons donc actualisé notre graphique à partir de 2019 par rapport aux éditions précédentes de nos hors-série L’Observatoire de l’optique. Cette réévaluation du marché n’affecte pas la courbe tendancière depuis 2014. Elle résulte d’importants travaux méthodologiques menés pour enrichir les données. En effet, afin d’accroître l’exhaustivité et la précision de cette publication, les comptes de la santé mobilisent à présent directement les données détaillées issues du Système national des données de santé sur le champ des soins et des biens médicaux consommés en ambulatoire ou en cliniques privées. Auparavant, ils étaient construits sur des données statistiques et non comptables, en agrégeant également les données Damir et celles de GfK (pour les lentilles).

Nbre de mag

 

Une structure de “financement” relativement stable et une progression du 100 % Santé

 Les Ocam prennent en charge 66  % de la totalité des dépenses (65  % hors lentilles et examens et 67  % des dépenses du panier B), soit 5,37 milliards € (4,74 milliards € hors lentilles et examens). Tous paniers confondus A et B, le RAC des ménages représente un tiers de la totalité des dépenses (30,3 %, 31 % hors lentilles). Compte tenu de la réévaluation des comptes de la santé par la Drees cette année, le taux de financement de la consommation de soins et de biens médicaux (CSBM) par les Ocam est révisé à la baisse, et le RAC des ménages à la hausse, ce qui explique la différence de près de +8 points entre le RAC 2022 que nous avons publié l'année dernière et le RAC 2023. En ce qui concerne le 100  % Santé, on constate une faible progression (+0,3 points par rapport à 2022) de sa part dans la dépense totale  : 6  % de celle-ci se porte ainsi sur le panier A, respectivement 6,9 % pour les verres et 3,6  % pour les montures. Cependant, on observe sa hausse conséquente dans la consommation d’équipements, hors lentilles et examens. Les dépenses 100  % Santé augmentent de 14 %, soit près de 2 fois plus vite que les dépenses du panier libre (+7,9 %). Elles atteignent, en 2023, 435 millions  €. Dans le détail, le recours au 100 % Santé est un peu plus fréquent pour les verres que pour les montures.

Décomposition de la dépense optique par financeur en 2023 (en %) Répartition de la dépense totale d'optique médicale (hors lentilles et examens) par type de panier (en %)  Source : Drees - Crédit : Bien Vu

RAC

Répartition

   UNE ANNÉE DE STABILISATION POUR LE MARCHÉ AUDIO

En 2023, le secteur audio se consolide, en volume comme en valeur, à des niveaux largement plus élevés qu’en 2019. La consommation progresse légèrement (+3 %), du fait d’un effet volume (+1,6 %) et d’un effet prix (+1,3 %). Les dépenses en classe I baissent de -4,2 % et augmentent en classe II (+5,3 %). L’essentiel de la dépense* (1,7 milliard €, soit 86 %) est délivré par les audioprothésistes, contre 11 % pour les opticiens (200 millions d’euros) et 3 % pour les fournisseurs de matériels. Les points de vente optique-audio voient leurs parts de marché reculer.

Marché AUDIO

*La Drees établit 2 évaluations de la dépense en audioprothèse. La première inclut tous les produits et intègre les accessoires associés. Elle s’élève à 2,03 milliards €. La seconde se concentre exclusivement sur les audioprothèses pour un total de 1,995 milliard €.

CONSOMMATION MARCHÉ PORTEUR 

Télé Ophtamologie

Les consommateurs sont-ils vraiment prêts à acheter de la seconde main chez leur opticien ?

 Ce marché risque de rester embryonnaire et les chiffres le prouvent : seuls 13  % des porteurs interrogés se déclarent “très sensibles” à l’achat de montures d’occasion, tandis que 44 % y sont “assez sensibles”. En clair, tout en montrant une certaine ouverture d’esprit, une majorité reste mesurée, voire attentiste. Il faut dire que les lunettes d’occasion ne sont pas forcément “rassurantes” pour le porteur, qui peut légitimement se poser des questions en ce qui concerne le service après-vente, la disponibilité des pièces, la garantie… S’il veut développer ce segment, l’opticien doit donc trouver des réponses solides et viables à ces questionnements chez le client. En outre, la particularité du marché français - remboursement en panier B à hauteur de 100  €, reste à charge assez limité - renforce la motivation du porteur à se diriger vers une monture neuve. Cependant, si les plafonds de remboursements venaient à baisser, les clients pourraient être tentés de se tourner vers des lunettes qualitatives et d'occasion… Surtout si elles venaient à obtenir un code LPP, qui permettrait leur prise en charge par la Sécurité sociale et les Ocam. Pour autant, je ne pense pas que la seconde main puisse “chambouler” le secteur : bien sûr, il y a de nombreuses montures qui “dorment” dans les tiroirs des Français, mais seule une faible part (usure, disponibilité des pièces, style désuet, etc.) semble pouvoir être remise en état. Et donc réutilisée par le client (avec de nouveaux verres, au besoin) ou réintroduite sur le marché.

BALANCE CRÉATIONS/LIQUIDATIONS DE COMMERCE DE DÉTAIL D'OPTIQUE EN 2023 ET 2024

Entre janvier 2023 et fin septembre 2024, 346 points de vente d’optique ont vu le jour en France métropolitaine, selon les données de Bien Vu. Sur la même période, 146 liquidations judiciaires ont été enregistrées d’après Altares Dun & Bradstreet. Soit un solde positif de +200. Toutefois, si l’on prend un peu de recul, il apparaît que la dynamique de créations tend à ralentir. En effet, durant les trois premiers trimestres de 2024, 143 nouveaux points de vente d’optique ont vu le jour en France métropolitaine, ce qui semble indiquer que moins de 200 ouvertures de magasins devraient être constatées sur l'ensemble de l’année.

Balance Balance

Depuis début 2023, certains territoires se démarquent par leur dynamisme. Ainsi, les régions Bourgogne Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Occitanie, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d'Azur affichent un solde créations/liquidations favorable. À l’inverse, des régions comme l’Île de France, les Hauts -de- France, Grand Est ou Auvergne-Rhône-Alpes font face à un nombre élevé de liquidations, tant en volume qu’en proportion.