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Jean-Valéry Desens, co-fondateur de LYLEOO :
« Je m'interroge sur la pertinence des interprétations qui semblent être à l’opposé de la force de la loi et l'intention du législateur, représentant du peuple français.
Le projet de loi antifraudes est le fruit de plusieurs mois de travaux d’auditions et d'échanges entre les parlementaires et les acteurs de la filière de santé visuelle.
Je le redis de manière nette : la téléexpertise ophtalmologique est pleinement reconnue comme une réponse légitime aux déserts médicaux. La loi établit sans ambiguïté que la téléexpertise à destination des professionnels médicaux s'inscrit dans un cadre légal stable, clarifié, et désormais encore mieux établi.
Je rappelle d'ailleurs que le rapporteur du texte, le député Patrick Hetzel, a lui-même précisé par écrit que les dispositions visées ne concernaient pas la téléexpertise et que celle-ci devait être préservée.
La réalité du terrain, elle, n'a pas changé : plus de 62 jours d'attente en moyenne pour un rendez-vous chez un ophtalmologiste, des délais dépassant 18 mois dans certains territoires, 2 millions de seniors en perte d'autonomie liée à la vue. Notre rôle, et le rôle des opticiens et des ophtalmologues, sont plus centraux que jamais dans cette chaîne de soin.
Lyleoo a pris contact avec le directeur du Contrôle et de la Lutte contre les Fraudes à la Cnam
Le 16 mars 2026, j’ai adressé personnellement un courrier électronique ainsi qu’un courrier postal afin d'échanger sur ce sujet, mais nous n’avons, à ce jour, reçu aucune réponse.
Depuis la création de Lyleoo, j’ai toujours considéré que le dialogue était indispensable. Nous avons échangé avec l’ensemble des parties prenantes concernées par notre activité : ophtalmologistes, le SNOF, les syndicats d’opticiens, les complémentaires santé, les concentrateurs et la direction innovation de la sécurité sociale le 2 juin dernier.
Les points de vue peuvent diverger, mais le dialogue reste la meilleure façon de faire progresser l’accès aux soins dans notre pays et j'y suis très attaché. D’ailleurs, nous serons force de propositions dans le cadre des prochains débats parlementaires en préparation de la loi de finance 2027 afin de renforcer l’encadrement de la téléexpertise et d’en améliorer encore l'efficacité et la sécurité.
Lyleoo est aux côtés de la Sécurité sociale dans sa lutte contre les fraudes
La lutte contre la fraude est une nécessité. Nous contribuons tous au financement de notre système de santé par l'impôt et il est légitime de veiller à la bonne utilisation de l'argent public.
Les Français n'acceptent plus que leurs deniers soient mal utilisés ou pires détournés. Il y a une volonté forte du gouvernement et plus largement de tous les partis politiques à mener une action forte et nous la soutenons pleinement.
En revanche, il ne faut pas se tromper de cible. Les véritables enjeux de fraude sociale et financière ne se situent tout simplement pas là où certains semblent les chercher. Rappelons une fois de plus que l'acte de téléexpertise n'est pas « coté » entre Opticiens et Ophtalmologistes.
Il ne génère donc aucun remboursement spécifique de l’Assurance Maladie et aucun coût direct ou indirect pour les complémentaires santé. Et précisons que la prise en charge de la Sécurité sociale, pour les équipements d’optique est extrêmement faible, 9 centimes d'euro par paire de lunettes.
Par contre, à titre de comparaison :
- Une seule journée d'arrêt de travail injustifié coûte en moyenne 35 euros à l’Assurance Maladie, soit le remboursement de 388 paires de lunettes.
- Un acte médical indu réalisé par un spécialiste représente 21,50 euros de dépenses publiques, soit le remboursement de 277 paires de lunettes.
Rien n’exclut le contrôle, mais les ordres de grandeur ne sont tout simplement pas comparables.
Ajoutons à cela que le renouvellement des lunettes est strictement encadré en France, avec une fréquence limitée à deux ans chez l'adulte.
De plus, les prescriptions d'équipements optiques délivrées via la téléexpertise auraient également été délivrées si le patient avait été reçu lors d'une consultation en présentiel, il n'y a donc pas de « surconsommation » de produit optique.
Enfin, un élément mérite d'être souligné, les ordonnances issues de téléexpertise conduisent à davantage d'équipements relevant du dispositif 100% Santé. Cela contribue à limiter le reste â charge des patients et à réduire les dépenses supportées par les complémentaires santé.
La téléexpertise n'est pas un coût pour la sécurité sociale et les mutuelles mais une économie.
La loi fixe un cadre. Ce cadre s'applique tel qu'il est rédigé, non tel qu'il serait opportunément relu.
La loi doit être appliquée conformément à la volonté du législateur.
Or, le texte de loi adopté est particulièrement clair.
Il vise les dispositifs permettant â un patient d'obtenir directement, automatiquement et systématiquement une prescription médicale à distance, sans contrôle médical réel ni intervention effective d'un professionnel de santé dans la décision.
Chez Lyleoo, nous sommes précisément dans la situation inverse.
La demande est initiée par un opticien auprès d'un ophtalmologiste. Un patient ne peut pas directement faire une demande d'ordonnances à partir de son ordinateur. Ni un opticien, ni un ophtalmologue.
Si un avis médical est systématiquement rendu. La délivrance d'une ordonnance ne l'est pas. Tous les patients ne sont pas éligibles et chaque dossier fait l'objet d'une analyse individuelle par le médecin.
Enfin, nous avons intégré un module d'échange direct, si le médecin requis, selon ses analyses, juge qu'il a besoin de contacter le patient.
Nous sommes donc dans une logique de coopération entre professionnels de santé, et non dans un mécanisme automatisé abusif de délivrance de prescriptions comme il en existe pour les demandes d'arrêts de travail ou les prescriptions de médicaments classés comme stupéfiants.
En conclusion
Je dirai que la volonté du législateur a été clairement exprimée tout au long des débats parlementaires.
Le texte adopté ne concerne donc ni directement ni indirectement l'activité de Lyleoo.
L'ophtalmologiste demeure l'acteur central de la décision médicale. Il analyse les données, et engage sa responsabilité à distance.
La téléexpertise est un acte médical à part entière, encadré par le Code de la santé publique, dont le recours est apprécié par l’opticien et dont la responsabilité et l’issue relèvent exclusivement du médecin. Elle produit une analyse documentée, un compte rendu signé par un médecin et une traçabilité complète de la démarche clinique.
Les données de santé sont hébergées sur des infrastructures certifiées HDS, conformes au RGPD, avec authentification et traçabilité à chaque accès.
Lorsqu'une consultation en présentiel s'impose, le médecin la décide et la priorise.
Certains souhaitent obsessionnellement exclure les professionnels non-médicaux de tout parcours de soins. Cette position n'est pas nouvelle. Elle est surtout juridiquement infondée et elle a déjà été sanctionnée par la plus haute juridiction administrative française.
Notre modèle s'inscrit pleinement dans les objectifs poursuivis par les pouvoirs publics : améliorer l'accès aux soins visuels, pas une médecine dégradée mais qui converge à réduire les délais de prise en charge et préserver les deniers publics. »
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Monsieur Desens prend le problème à l'envers.
Oui la téléexpertise ne coûte rien à la sécu cependant il s'agit d'achat d'ordonnance comme si demain j'avais un ordonnancier chez moi. L'opticien sait réalisé une vérification de la vue. Mais il faut savoir également rester à sa place. Nous ne sommes pas formés pour détecter du diabète, cataracte, rétinite ou même juste une conjonctivite. ...
Nous sommes conscients que nous manquons d'ophtalmo dans certaines régions. Je pense que la téléconsultation synchrone est davantage la solution. Oui cela à un coût plus important mais cela est gage d'équipement adapté et de service supérieur mais surtout évite le mélange des genres.
Quand chez LPT les vendeurs vous disent que le client va voir l'ophtalmo pour vérifier leur vu et ensuite une ordonnance tombe du ciel, cela me choque alors qu'ils ont vu un opticien cela me gêne.