La solution ophtalmique Qlosi (pilocarpine 0,4 %) dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises, propose une approche pharmacologique alternative ou complémentaire aux lunettes pour corriger la presbytie.

Ce collyre induit un myosis (une contraction de la pupille) qui augmente la profondeur de champ. Cela améliore la vision de près et intermédiaire sans modifier le mécanisme d'accommodation de l'œil.

Selon les données du projet pilote Presbyopia Pathway Implementation Pilot (PPIP), présentées en 2026 lors du congrès de l'American Optometric Association, l'intégration de cette solution dans les soins de routine a validé l'ensemble de ses objectifs.

Un protocole d'application strict 

L'étude prospective a concerné 111 patients répartis sur 8 sites cliniques aux États-Unis. Pour garantir la réussite du traitement, les auteurs de l'étude soulignent qu'un modèle d'application structuré est indispensable. 

Ce parcours repose sur trois piliers :

  • Les profils avec une forte myopie, une pathologie vitréorétinienne ou des antécédents d'iritis sont exclus.
  • Une information claire qui permet de fixer des attentes réalistes.
  • Une période obligatoire de neuroadaptation d'une semaine, avec un contrôle en personne ou à distance.

Un impact positif sur l'activité des cabinets

L'étude montre que l'introduction de ce collyre stimule l'activité globale du cabinet, au-delà de la simple prescription médicale. Les résultats dépassent les chiffres habituels des cliniques.

Pour prescrire le collyre en toute sécurité, les professionnels ont réalisé des radiographies de l'œil (imageries à champ ultra-large) chez près de 86 % des patients, contre 69 % d'ordinaire. 

Grâce à ces examens plus fréquents, les praticiens ont découvert d'autres pathologies oculaires chez 24,5 % des patients (contre 18 % habituellement). Les nouveaux clients ont représenté plus d'un tiers (34 %) des personnes suivies dans cette étude.

Sur le plan clinique, la satisfaction moyenne des patients s'établit à 7,32 sur 10 (avec une médiane de 8 sur 10), et 72,7 % d'entre eux ont rapporté l'atteinte de leurs objectifs visuels. 

Pas de cannibalisation de l'optique

À noter que près de 72 % des patients ont tout de même acheté des lunettes ou des lentilles. Ce chiffre dépasse la moyenne habituelle des magasins (69 %). 

L'accès à ce traitement ne remplace donc pas la vente de lunettes traditionnelles. Il génère de nouvelles consultations et de nouveaux diagnostics. 

Pour les investigateurs de l'étude, Qlosi représente un levier de croissance qui s'intègre au parcours de soins traditionnel et stimule l'activité globale des cabinets.

Écrit par la Rédaction

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