Dans le cadre de la réforme de son système de santé, le gouvernement britannique vient d'annoncer la mise en oeuvre des premiers transferts de compétence dans la filière visuelle. Ceux-ci concernent les optométristes, qui pourront désormais prescrire, sans l'intervention d'un médecin, des médicaments ophtalmiques. Ils pourront également dépister les maladies oculaires ou ayant un rapport avec les yeux, comme le diabète. De nombreux optométristes exerçant leur profession dans des magasins d'optiques ou possédant eux-mêmes un point de vente, ces actes pourront donc être réalisés au sein même du commerce, en même temps qu'un examen de vue et un achat d'équipement.

Le Conseil Général de l'Optique validera les qualifications des optométristes qui souhaiteront faire utiliser ces nouveaux droits. Ceux-ci seront notamment soumis à des obligations de formation continue. En cas de pathologie importante, ils devront mettre le patient concerné en relation avec un ophtalmologiste. Pour Rosie Varley, Présidente du Conseil, cette avancée "est un développement significatif qui reflète le haut niveau de confiance du public et des autorités dans cette profession et l'organisation de notre secteur".

Jusqu'ici, les optométristes, qui ont un niveau d'études plus élevé que les opticiens, avaient pour principal rôle la pratique de la réfraction. Outre-Manche, les ophtalmologistes se consacrent essentiellement aux traitements des maladies oculaires et à la chirurgie, tandis que les opticiens ne peuvent que délivrer les équipements prescrits.
Ces derniers attendent de leur côté, dans le cadre de ces délégations de tâches, le droit de pratiquer à leur tour les examens de vue, comme c'est aujourd'hui le cas en France. Cette possibilité, préconisée par le rapport de l'économiste Nick Bosanquet, expert des questions de santé, est étudiée de près par les autorités britanniques.

Notons que l'extension de compétence des optométristes intervient une semaine après que la population et de nombreux médecins se soient élevés contre la possibilité pour les infirmiers et infirmières de prescrire des médicaments de manière indépendante. S'ils peuvent le faire sous la surveillance d'un praticien, leurs connaissances ont été jugées trop faibles pour un droit de prescription autonome.
Écrit par la Rédaction

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