Le gouvernement veut assouplir d'ici la fin de l'année la loi encadrant le commerce dominical. "A Thiais Village, où je me rends aujourd'hui avec Xavier Bertrand, plus de 35% du chiffre d'affaires de la semaine du centre commercial est réalisé sur la seule journée du dimanche", a indiqué Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de la Consommation. "La loi de modernisation de l'économie facilite l'implantation des grandes surfaces commerciales. Maintenant, il faut passer à la question du dimanche. Si le calendrier le permet, nous pourrions l'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée d'ici à la fin de l'année. Cette proposition prévoit de créer des zones d'attractivité commerciale exceptionnelle - les grandes agglomérations de l'Ile-de- France, Marseille - où chaque préfet autorisera l'ouverture dominicale", a précisé Luc Chatel dans une interview accordée au Journal du Dimanche.

"Notre objectif est d'assouplir la législation, mais en préservant l'équilibre local", a-t-il ajouté, en estimant que ce serait à chaque branche et non à la loi "de définir les conditions d'éventuels refus des salariés". Hier sur France 2, le ministre du Travail Xavier Bertrand a plaidé lui aussi pour le travail dominical, à condition qu'il se fonde sur "la base du volontariat" et qu'il "soit payé double".

"Prétendre libéraliser l'ouverture des commerces le dimanche, c'est prendre le risque de porter un coup fatal au commerce de proximité", a réagi la CGPME (Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises). "Le commerce de proximité serait dans l'incapacité d'assumer les coûts supplémentaires et devrait se résoudre à voir diminuer sa part de marché", a estimé le syndicat, qui se déclare néammoins prêt à examiner les "moyens d'assouplir la réglementation actuelle".

Publié dans le même Journal du Dimanche, un sondage Ifop révèle que 67% des Français se déclarent prêts à travailler régulièrement ou occasionnellement le dimanche. Ils étaient 59% en décembre 2007.

Quant à l'ouverture des magasins le dimanche, elle remporte l'adhésion d'une courte tête : 52% y sont "tout-à-fait" ou "plutôt favorables". Moins nombreux, les opposants sont plus résolus : plus d'un tiers des sondés (36%) y est fermement opposé.

Écrit par la Rédaction

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