La loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires) de 2009 oblige les dentistes à indiquer, sur leur devis, le prix d'achat de la prothèse proposée à leur client. Cette mesure, que seule la moitié des praticiens respectent, n'aura bientôt plus cours : les sénateurs viennent de voter un amendement supprimant l'article en question. Cette suppression a largement été soutenue par le ministre de la Santé Xavier Bertrand, qui a clairement exprimé son opposition à ce type d'obligation, pour les dentistes mais aussi pour les opticiens.

« Sachons raison garder... »

Le 9 mars, à l'occasion du vote de l'amendement, Xavier Bertrand a fait comprendre aux sénateurs qu'il jugeait cette mesure impraticable et quelque peu aberrante. « Si l'on impose aux dentistes de communiquer le prix d'achat des prothèses, alors il faudra bientôt le faire avec les opticiens, et au-delà avec tous les commerçants », a souligné le ministre de la Santé. Sans fermer les yeux sur certaines dérives observées dans le secteur dentaire (selon l'Union nationale patronale des prothésistes dentaires, 27 % des dispositifs implantés en France proviennent de l'étranger, notamment de Chine ou du Maghreb), Xavier Bertrand opte pour l'équilibre. « On a laissé les choses aller dans la plus grande hypocrisie et voilà que le balancier va aujourd'hui en sens inverse. Je ne peux pas être défavorable au mouvement consumériste ; c'est la marche de l'histoire. En revanche, si l'on veut la transparence totale, il faut aller jusqu'au bout et détailler toutes les composantes de la facture finale. Les dentistes ont eu le sentiment d'être montrés du doigt. Sachons raison garder... », a-t-il argumenté.

Après avoir été votée par le Sénat, la suppression de l'obligation de mentionner le prix d'achat pour les devis devrait prochainement être adoptée par l'Assemblée nationale avant d'entrer en vigueur.
Écrit par la Rédaction

Vous avez la parole !

pour pouvoir poster des commentaires

Nos lecteurs ont aussi lu...


Les dernières news

Voir + de news