Après diverses attaques sur l'optique et une enquête sur l'audio présentée par Le Parisien le 15 novembre dernier*, ce sont les « dérives tarifaires des soins dentaires » qui sont pointées du doigt. Le magazine « 60 millions de consommateurs » dans son numéro de décembre entend tout révéler « sur les tarifs abusifs des dentistes », à travers une étude menée à partir des données enregistrées par l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé, le CISS (collectif de patients) et Santéclair.

Éternel problème du reste à charge et renoncement aux soins

Ainsi, selon le mensuel consumériste, alors que les soins dentaires sont peu remboursés par l'Assurance maladie (comme l'optique et l'audio, ndlr), ils font souvent l'objet de « pratiques tarifaires excessives » voire de « dérives inacceptables », ce qui peut conduire les Français à renoncer aux soins. « Soulignant que le reste à charge constitue la "principale raison de renoncement aux soins auquel déclare être confronté près du tiers des consommateurs", il relève que pour les passages chez le dentiste ce reste à charge est "élevé" même après l'intervention des complémentaires santé », relatent nos confères de Ouest-France ou encore du Figaro.fr.

Les principaux soins incriminés sont les prothèses, comme les couronnes, bridge, inlay ou reconstitutions, « qui en 2012 ont représenté 5 milliards d'euros de dépenses, dont un milliard seulement est remboursé par l'assurance maladie ». « La somme qui reste à la charge du patient après remboursement par la Sécu s'élève à plus de 290 euros en moyenne par acte de prothèse, avec des variations en fonction des départements : elle ne descend quasiment jamais en dessous de 200 euros et grimpe jusqu'à plus de 400 euros à Paris », note 60 millions de consommateurs. « Nous avions repéré ces phénomènes dans les devis. Désormais, nous en avons quantifié les volumes et les montants », se félicite auprès du Monde.fr Frédérick Cosnard, directeur médical de Santéclair.

La Cnam annonce « un programme de contrôle des dépassements sur les soins »

Reprochant également aux dentistes de privilégier des techniques coûteuses qui ne sont pas toujours indispensables, l'Observatoire citoyen des restes à charge en santé réclame « le respect des règles » et dénonce « un manque d'encadrement » de l'Assurance maladie. « Interrogée, celle-ci promet qu'elle va examiner chaque point soulevé mais on n'y semble pas plus étonné que cela de ce qu'avance l'étude, souligne nos confrères du Monde.fr. La Cnam indique qu'un programme de contrôle des dépassements sur les soins de base va être lancé, et que le tarif des inlay-cores sera discuté. Autrement dit, il pourrait être revu à la baisse ».

De leur côté, les dentistes pointent du doigt le désengagement de la Sécurité sociale dans les remboursements et des tarifs fixés qui ne correspondent plus au coût réel des soins de base.

*Lire aussi :
  • Attaqués, pour les audioprothésistes, le problème est le reste à charge mais pas le prix (15/11/2013)
  • Écrit par la Rédaction

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