Le monde de la mode est en deuil. Valentino Garavani, « Dernier Empereur »de la haute couture, s’est éteint à l’âge de 93 ans ce lundi 19 janvier. Pour les opticiens, cette disparition marque non seulement la fin d'une époque stylistique, mais coïncide également avec un tournant stratégique majeur dans la distribution des collections lunettes de la griffe.

Né près de Milan, c’est pourtant à Paris que Valentino Garavani a installé son histoire. Arrivé dans la capitale française à 17 ans, il y apprend les secrets de la coupe chez Jean Dessès puis Guy Laroche. Ce lien indéfectible avec la France, pays de sa formation, ne le quittera jamais : il y transférera ses défilés dès 1976 et y célèbrera ses 45 ans de carrière avant sa retraite en 2008. Cette double culture, entre raffinement français et artisanat italien, constitue l'essence même de sa marque que les porteurs recherchent aujourd'hui en magasin.

Une valse des licences qui se stabilise

Pour notre secteur, l'histoire récente de Valentino a été marquée par plusieurs changements de partenaires productifs, reflétant les mutations du marché du luxe. Ainsi de 2017 à 2022, la marque a connu une période de transition sous licence, visant à se repositionner Valentino sur le segment global

En 2022, un accord ambitieux a été mis en place avec le groupe Akoni pour une durée de dix ans. Ce partenariat n'est finalement pas allé à son terme, laissant place à une intégration plus profonde au sein d'un géant du secteur.

Le tournant Kering Eyewear

A partir du 1er mars 2026, la production et la commercialisation des lunettes Valentino seront officiellement assurées par Kering Eyewear. Cette reprise en main par le groupe de François-Henri Pinault n'est pas un hasard. Elle s'inscrit dans une montée au capital progressive. 30 % des parts de la maison Valentino sont actuellement détenus par Kering depuis 2023. Les 70 % restants appartiennent toujours au fonds qatari Mayhoola. Initialement prévu plus tôt, le passage sous contrôle total (100 %) de Kering a été décalé à 2029 en raison des ajustements stratégiques liés au marché du luxe.

Pour notre secteur, cette intégration chez Kering Eyewear devrait être un gage de stabilité et de force de frappe marketing. La marque rejoint un catalogue de prestige (Gucci, Saint Laurent, Cartier), bénéficiant ainsi d'une logistique optimisée et d'une présence accrue dans les points de vente les plus sélectifs.

 

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Monture Valentino VLX 131B

 

Un potentiel de vente intact : du "Rouge Valentino" à la Jet-Set

Malgré les changements de mains financières, l'aura de Valentino reste un levier de vente puissant. De Jackie Kennedy à Julia Roberts, la marque a su incarner un style "jet-set" sophistiqué que l'on retrouve dans les montures :

  • Le mythique "Rouge Valentino" : Un code couleur fort, facilement identifiable en vitrine ou sur les facings.
  • L'élégance intemporelle : Une alternative aux logos ostentatoires, privilégiant la forme et le raffinement.

En s'éteignant, le "Dernier Empereur" laisse derrière lui une griffe en pleine mutation économique, mais dont l'identité visuelle demeure solide.