Saviez-vous que le nombre de téléconsultations en France était passé de 80 000 en 2019 à 9 millions par an depuis 2021 ? Il faut reconnaître qu'en ophtalmologie par exemple, la télémédecine apporte une réponse aux difficultés d'accès aux soins visuels dans certains départements. Car, même si la situation s’améliore, 68 d'entre eux restent sous-dotés1. De plus, les Français sont 77% à estimer que développer la téléconsultation en ophtalmologie est souhaitable2. Des arguments en faveur de l'essor de ce service chez les opticiens.

La télémédecine, qu'est-ce que c'est ?

Ce terme générique englobe plusieurs termes aux réalités différentes.

  • La téléconsultation est un acte de télémédecine qui "a pour objet de permettre à un professionnel médical de donner une consultation à distance à un patient" de façon synchone. En ophtalmologie, elle a donc lieu entre un patient et un ophtalmologiste et, bien souvent, avec l’intervention d’un tiers orthoptiste. Elle est réalisée à l’aide d’un équipement (borne, cabine, table d’ophtalmologie…) installé dans un lieu de soins ou en dehors.
  • La téléexpertise permet à un professionnel de santé, dit "requérant", de solliciter à distance l'avis d'un médecin, dit "requis", en raison de sa compétence, sur la base d’informations de santé liées à la prise en charge d'un patient, même en l'absence du patient. Les professionnels de santé non médicaux peuvent demander une téléexpertise à un professionnel médical3.
  • La télésurveillance est l'interprétation par un médecin à distance des données nécessaires au suivi médical d’un patient. Celui-ci prend des décisions sur sa prise en charge. L’enregistrement ou la transmission de ces données peuvent être réalisés par un professionnel de santé.
  • Le télésoin est un acte de soins de santé réglementé réalisé à distance en vidéotransmission entre un auxiliaire médical et un patient dans des conditions garantissant à la fois la confidentialité des échanges et la sécurisation des données transmises. Le télésoin doit faire l’objet d’un compte rendu.

Pour qui et comment ?

La téléconsultation s'adresse aux patients de plus de 16 ans et de moins de 75 ans. Seuls le renouvellement de lunettes ou de lentilles ainsi qu'un premier dépistage de troubles visuels peuvent faire l’objet d’une téléconsultation en magasin. Concrètement, la téléconsultation synchrone met en relation le patient avec un spécialiste, sans intervention de l’opticien au moment de la téléconsultation, même s'il peut être présent à la demande du patient. L’opticien vérifie les prérequis et installe le patient dans un espace qui doit garantir toute confidentialité. Au sein d’une salle de réfraction ou d’une cabine, le matériel pour la téléconsultation intègre généralement auto-réfracto-kératomètre, frontofocomètre, tonomètre et pachymètre, le tout piloté à distance. La plupart du temps, un orthoptiste réalise l’examen puis un ophtalmologiste finalise la consultation. Le patient reçoit ses documents médicaux sur son mail personnel.

Pourquoi investir ?

Le sujet fait encore débat parmi les opticiens : certains y voient une opportunité pour le métier, d’autres, une mise en danger de nouvelles délégations de tâches possibles à moyen terme. Pour autant, progressivement, enseignes et opticiens indépendants sautent le pas. Il faut dire que la téléconsultation, dont les appareils actuels écartent tout risque de compérage, participe à l’amélioration de l’accès aux soins visuels en "libérant" du temps médical pour les praticiens de la zone concernée et en faisant un premier "tri" de prévention. C’est également un "service" qui conforte l’opticien dans son rôle de professionnel de santé de proximité. De ce point de vue, il fluidifie le parcours de soins visuels et renforce la collaboration entre les 3 "O". La téléconsultation fait de l’opticien un acteur à part entière du parcours du patient, qu’il peut accompagner et conseiller dans son choix de correction visuelle.

Dans ses dernières recommandations, la Haute Autorité de santé a cité les magasins d’optique comme un lieu possible de téléconsultation. Alors, la téléconsultation, opportunité pour l’opticien ? Sûrement. Mais tout dépend de sa pratique actuelle, son positionnement et son implantation.

 

Quiz spécial Téléconsultation
 

1. Source : Bien Vu Les Enjeux, octobre 2023. 2. Enquête Harris Interactive pour le groupe Afflelou sur "Les Français et les soins optiques" réalisée en ligne du 5 au 7 octobre sur un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 3. Source : Ameli.fr

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