Adoptée définitivement par le Parlement mi-avril 2026, la loi de simplification de la vie économique (SVE) comporte plusieurs mesures touchant directement les baux commerciaux. Si le texte n’est pas encore promulgué, en raison d’une saisine du Conseil constitutionnel, certaines dispositions intéressent déjà de près les commerçants de proximité, dont les opticiens.
Objectif affiché : rééquilibrer les relations entre bailleurs et locataires, dans un contexte où les charges immobilières pèsent de plus en plus sur les commerces physiques.
Mensualisation des loyers : un levier pour la trésorerie
C’est probablement la mesure la plus concrète. La loi prévoit que le locataire pourra demander la mensualisation de son loyer, aujourd’hui souvent payé trimestriellement d’avance dans les baux commerciaux.
Cette mensualisation serait « de droit », sans possibilité pour le bailleur de s’y opposer, à condition que le locataire soit à jour de ses loyers et charges. Pour des magasins confrontés à des variations d’activité selon les périodes de l’année, cette évolution pourrait offrir davantage de souplesse dans la gestion de trésorerie.
Le dispositif s’appliquerait également aux baux en cours.
Garanties locatives : un encadrement renforcé
Autre évolution notable : les garanties demandées par les bailleurs seraient plafonnées. Dépôt de garantie, caution bancaire ou autres garanties ne pourraient plus dépasser l’équivalent de trois mois de loyer pour les activités commerciales et artisanales.
Une mesure qui pourrait limiter les coûts d’installation ou de reprise de magasin, notamment pour les jeunes opticiens ou les entrepreneurs souhaitant ouvrir un point de vente.
Le texte laisse toutefois plusieurs zones d’ombre, notamment sur la possibilité de cumuler différentes garanties ou sur le sort des cautions en cas de vente de l’immeuble.
Clauses d’indexation : davantage de sécurité juridique
La loi valide également les clauses dites « tunnel » sur l’indice des loyers commerciaux (ILC). Concrètement, il sera désormais possible d’encadrer les hausses — mais aussi les baisses — de loyers dans des proportions identiques.
Un bail pourra par exemple prévoir une variation limitée à +3 % ou -3 %. Une évolution qui pourrait sécuriser les négociations entre bailleurs et commerçants dans un contexte d’inflation encore volatile.
Clause résolutoire : des conditions plus strictes pour les locataires en difficulté
Le texte durcit enfin les conditions permettant à un locataire en retard de paiement d’obtenir des délais avant résiliation du bail. Le commerçant devra désormais démontrer sa capacité à régler sa dette et avoir repris le paiement du loyer courant avant la première audience. Une disposition qui pourrait fragiliser les commerces en difficulté financière.
