L'assureur français Alan marque son dixième anniversaire avec une nouvelle levée de fonds. Le spécialiste de l’assurance-santé des salariés annonce ce mercredi un tour de table de 100 millions d’euros, valorisant l’entreprise à plus de 5 milliards d’euros, contre 4 milliards lors de la précédente opération il y a dix-huit mois.

Pour célébrer cette décennie d’existence, la start-up française prévoit un événement fin mars au Musée du quai Branly à Paris, avec Kylian Mbappé comme invité d’honneur. Une fête à la hauteur du chemin parcouru par le néoassureur fondé en 2016 par les ingénieurs Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, qui s’est imposé en quelques années sur un marché longtemps dominé par des mutuelles historiques.

Ce nouveau financement voit les investisseurs historiques, dont Index Ventures et Belfius, remettre au pot. De nouveaux partenaires rejoignent également l’aventure, parmi lesquels le fonds américain Greenoaks, le family office émirati Kaaf Investments, ainsi que Tobias Lütke, fondateur de la plateforme de commerce en ligne Shopify.

Des résultats en hausse

Au-delà de cette levée, Alan dévoile aussi des résultats encourageants. L’assureur annonce avoir atteint l’équilibre d’exploitation pour son activité en France, une étape franchie plus tôt que prévu alors que l’objectif était initialement fixé à 2026.

Au niveau du groupe, la rentabilité reste attendue d’ici fin 2027, même si la trajectoire s’améliore : les pertes ont presque été divisées par deux sur un an, après 34 millions d’euros de déficit en 2024.

La croissance reste également soutenue. Les primes annualisées ont progressé de 53% sur un an, pour atteindre 785 millions d’euros. Alan vise désormais le milliard d’euros de revenus annuels récurrents en 2026.

Main-mise sur les ministères

Cette dynamique est portée à parts égales par le secteur privé et le secteur public, devenu un moteur important de développement. L’assureur a notamment remporté plusieurs appels d’offres dans l’administration, dont le très convoité contrat du ministère de l’Économie et des Finances couvrant 130 000 agents, ainsi que ceux de la Direction générale de l’aviation civile et de la Cour des comptes.

Aujourd’hui, près de 20 % du portefeuille d’Alan provient de ministères français. L’entreprise, qui revendique un million de membres, entend désormais se positionner sur le marché de la fonction publique territoriale.

Alan a commencé à ajuster certains tarifs. Ainsi, pour 2026, les options du contrat du ministère de la Transition écologique ont été relevées de 14 %. Une évolution que la société présente comme un mécanisme classique d’ajustement annuel destiné à préserver l’équilibre des contrats. Une pratique finalement commune à tous les assureurs, même à ceux qui se prétendent les plus disruptifs.