Lancé en France en mars 2024, MyoCare est aujourd’hui le verre de freination myopique de référence chez Zeiss. Deux versions, une technologie à micro-structures comparable à celles du marché, des données cliniques publiées et une montée en puissance portée par la pédagogie et les réseaux de soins : deux ans après son arrivée, où en est réellement MyoCare ?

Acuité : Pour commencer, quel est aujourd’hui le verre de freination myopique proposé par Zeiss en France ?
zeiss_avis_myocare_verre_freination_myopie_enfant_opticien_ophtalmo.pngBertrand Dupourqué, directeur général de Zeiss Vision Care France : Aujourd’hui, la réponse est claire : le verre commercialisé en France pour la freination myopique chez Zeiss, c’est MyoCare, décliné en MyoCare et MyoCare S. On entend parfois encore parler de MyoVision, mais il s’agissait d’un produit d’ancienne génération. MyoCare est désormais notre solution de référence. Plus largement, il faut rappeler que Zeiss travaille sur la freination de la myopie depuis plus de 20 ans à l’échelle du groupe : MyoCare est l’aboutissement de cette trajectoire technologique.
Acuité : Quel bilan tirez-vous depuis le lancement en France, en mars 2024 ?
Bertrand Dupourqué : Il est difficile de communiquer un nombre précis d’enfants équipés, car nous n’avons pas de lien direct avec le consommateur final. En revanche, un indicateur est très clair : les volumes de ventes doublent chaque année en France depuis le lancement. Le référencement récent dans l’ensemble des réseaux de soins, depuis environ huit mois, a également joué un rôle déterminant dans l’accélération de l’équipement.

Acuité : Sur le plan technologique, comment se positionne MyoCare par rapport aux autres solutions du marché ?
Bertrand Dupourqué : MyoCare fait partie de la famille des verres à micro-structures, aujourd’hui bien identifiée sur le marché de la freination. Le principe est de créer une défocalisation périphérique afin de ralentir l’évolution de la myopie. Chez Zeiss, cette défocalisation repose sur des micro-cylindres positionnés sur la face avant du verre. Le principe est donc comparable aux autres solutions existantes, mais les choix optiques et les procédés de fabrication sont spécifiques à notre gamme.

Acuité : Pourquoi avoir fait le choix de deux versions, MyoCare et MyoCare S ?
Bertrand Dupourqué : C’est une vraie spécificité de notre approche. Nous proposons deux niveaux de défocalisation, afin de laisser une marge d’adaptation aux professionnels. Les deux versions reposent sur le même concept de défocalisation myopique concurrente et simultanée, avec des paramètres différents. MyoCare présente une zone de vision nette plus étroite ainsi qu’une plus grande puissance d’addition moyenne, tandis que MyoCare S présente une zone centrale de vision nette plus large et une puissance d’addition moyenne plus faible. MyoCare a été pensé pour ne laisser aucun enfant de côté pour des raisons purement techniques : jusqu’à –10 D en sphère6 D en cylindre, plusieurs indices et matières, possibilité de prismation, et récemment une version stock pour améliorer la réactivité.

Acuité : Justement, que disent les données cliniques aujourd’hui disponibles ?
Bertrand Dupourqué : Nous nous appuyons exclusivement sur des études publiées. En Europe, une publication à 12 mois sur 234 enfants met en évidence une freination de 0,21 dioptrie et surtout 0,13 mm sur l’élongation axiale, qui reste l’indicateur clé du contrôle myopique. Au total, près de 1 500 enfants ont été inclus dans les études MyoCare à travers le monde, avec des protocoles multicentriques robustes.

Acuité : Vous mettez souvent en avant un message “simple” à destination des parents…
Bertrand Dupourqué : Oui, parce que les données cliniques ne sont pas toujours faciles à interpréter pour les familles. Un indicateur est particulièrement parlant : avec MyoCare, le risque de progression rapide de la myopie est divisé par 3,3 dès la première année. C’est un message clair, qui aide beaucoup les professionnels dans leurs explications, notamment lors de la première prescription.

Acuité : La freination myopique reste-t-elle freinée par la question du prix ?
Bertrand Dupourqué : Le coût d'un verre de freination est forcément plus important qu’un unifocal, car la technologie est plus complexe. Mais le retour terrain est très encourageant : lorsque la pédagogie est bien faite et que les enjeux à long terme sont compris, les familles adhèrent largement. Aujourd’hui, la freination myopique n’est plus une solution marginale : elle devient progressivement une composante structurante de la prise en charge de la myopie chez l’enfant.
Reste un enjeu central : la pédagogie. Dispositif médical oblige, MyoCare ne fait pas l’objet de publicité grand public. L’effort porte donc sur l’information et la formation des professionnels — ophtalmologistes, orthoptistes et opticiens — afin d’aligner le discours et d’accompagner les familles. Un travail de fond, indispensable alors que la freination myopique s’impose progressivement comme une brique incontournable de la prise en charge pédiatrique, et non plus comme une solution de niche.

 

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