Ce matin a eu lieu la restitution des Assises de la télémédecine, animée notamment par la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Si les Assises avaient été décevantes pour notre filière, cette restitution l'est tout autant. Concernant les filières visuelles et auditives - les seules a avoir été citées expressément, la ministre a conclu que la télémédecine doit se faire dans un cadre vertueux, et que certaines pratiques devront être interrompues si elles ne sont pas jugées pertinentes. Il reste encore du travail avant de pouvoir proposer une articulation claire entre les compétences des différents acteurs de la santé visuelle. Son ministère se donne 2 ans pour statuer sur la pertinence des différentes pratiques qui existent pourtant déjà depuis des années sur le terrain. Dans 2 ans, le gouvernement ne sera plus le même après les élections présidentielles et législatives de 2027 mais la question des finances de la Sécurité sociale et de l'accès aux soins seront toujours d'actualité - ainsi que la question des compétences.
En résumé, ces Assises auront eu le mérite de fournir de l'information au gouvernement, qui a exprimé aujourd'hui les premiers traits d'une feuille de route. Et si l’objectif affiché est de déployer « massivement » la téléexpertise, elle s'adresse avant tout aux généralistes qui sollicitent leurs confrères spécialistes, ce qui représente la grande majorité des téléexpertises dans le monde médical.
Que les patients les plus éloignés des soins visuels restent donc patients. La ministre a toutefois remarqué qu'il fallait "adapter la façon de travailler, y compris en Ehpad".
Pourtant, le gouvernement n'a pas renouvelé le décret qui permet aux opticiens de réaliser des réfractions en Ehpad dans les régions Centre Val-de-Loire et Normandie depuis plusieurs années maintenant : il est arrivé à expiration le 31 décembre 2025. Les conclusions de cette expérimentation sont toujours attendues, sans parler de sa généralisation au niveau national.
