La réforme structurelle des agences régionales de santé (ARS), un temps envisagée, ne verra finalement pas le jour. La dernière version de l’avant-projet de loi (PJL) relatif à la décentralisation acte l’abandon de cette évolution institutionnelle, qui avait suscité des réserves au ministère de la Santé.
À la place, le texte prévoit un changement d’appellation : les ARS deviendraient des « directions régionales de la santé et de l’autonomie » (DRSA). Leur déclinaison territoriale prendrait la forme de « directions départementales de la santé et de l’autonomie » (DDSA). Le rôle du préfet y serait renforcé.
Un changement de nom qui sonne comme un signal politique
Si la réforme ne bouleverse pas l’architecture actuelle du système, l’exposé des motifs met en avant la nécessité de « surmonter certains cloisonnements » dans l’organisation territoriale de la santé.
L’objectif affiché est clair : renforcer l’échelon départemental, jugé insuffisamment structuré par de nombreux élus locaux, et associer davantage les territoires à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques de santé.
Un rôle accru pour l’échelon départemental
Les futures DDSA seraient notamment chargées :
- du déploiement des actions de promotion de l’accès aux soins,
- de la lutte contre les déserts médicaux,
- de la déclinaison opérationnelle des politiques régionales de santé.
Les directeurs départementaux seraient nommés par arrêté, sur proposition du directeur régional, après avis du préfet. Une organisation qui confirme la volonté de maintenir un équilibre entre pilotage sanitaire et coordination territoriale.
Le texte prévoit également un renforcement du rôle des élus locaux dans la mise en œuvre des politiques régionales de santé, dans une logique de territorialisation accrue.
Qu'est-ce que ça change pour les opticiens ?
A première vue, pas grand-chose. Aucune modification réglementaire n'est prévue, seuls les interlocuteurs changeront.
En revanche, l'échelle départementale de la DDSA pourrait ouvrir la voie à des politiques de santé publique et de développement économique plus pertinentes et ancrées dans la réalité du territoire. Avec par exemple, des campagnes de prévention plus ciblées, des expérimentations locales, et une meilleure intégration des opticiens dans l'accès aux soins, à commencer par une collaboration renforcée avec ophtalmologistes et orthoptistes.
