Le Conseil national de l’Ordre des médecins a acté, mercredi 8 avril, la dissolution du Conseil départemental de l’Ordre de Paris (CDOM 75), à une très large majorité de 90 %, nous apprend le Canard Enchainé qui suit de près ce dossier. Ce dernier avait fait réagir la ministre de la Santé Stéphanie Rist, évoquant des faits graves et la saisie de la justice.
Ce vote de la dissolution de l'Ordre de Paris, encore soumise à validation par le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France, marque l’aboutissement d’une crise profonde nourrie par les conclusions accablantes de l’Inspection générale des finances (IGF).
Gestion financière mise en cause
Le rapport, révélé par Le Canard Enchaîné il y a 3 semaines, met en lumière de graves dysfonctionnements. Parmi eux, une gestion financière contestée : dépenses jugées excessives, manque de justification de certains frais, et soupçons d’irrégularités dans l’attribution de ressources. Ces dérives s’inscrivent dans un contexte plus large, évoquant un fonctionnement opaque et des pratiques éloignées des standards attendus pour une institution garante de la déontologie médicale.
Dysfonctionnements en chaîne
Au-delà des questions budgétaires, ce sont surtout les manquements dans les missions essentielles de l’Ordre qui ont précipité la décision. L’IGF dénonce des défaillances majeures dans le traitement des dossiers disciplinaires, certains signalements graves étant restés sans suite ou traités avec des délais incompatibles avec la sécurité des patients. À Paris, près de 500 demandes de transfert de praticiens n’auraient pas été traitées, tandis que des plaintes de patients se sont accumulées, faisant craindre un risque réel pour la qualité des soins.
Les constats vont plus loin : le rapport évoque des faits potentiellement pénalement répréhensibles, ayant conduit à un signalement au procureur de la République. Par ailleurs, des décisions du CDOM 75 auraient été contestées devant la justice administrative pour irrégularités, voire soupçons de fraude.
Enfin, un climat interne dégradé est également pointé, avec des accusations de harcèlement moral et de comportements inappropriés au sein de l’institution.
Retrouvez les détails dans le Canard Enchainé (éditions du 8 et 15 avril 2026).
