Dans un article publié ce mercredi 18 mars dans Le Canard Enchainé, on apprend que le Conseil de l’Ordre des médecins traverse une zone de turbulences après la publication d’un prérapport confidentiel particulièrement critique de l’Inspection générale des finances (IGF).
Ce document de 1 500 pages met en cause la gestion de l’institution, pointant des dérives financières et un fonctionnement jugé insuffisamment transparent, en décalage avec les exigences attendues d’un organisme chargé de veiller à l’éthique médicale.
Immobilier prestigieux, indemnités et frais jugés excessifs
Au cœur des critiques figurent des dépenses considérées comme excessives. Le rapport évoque des frais importants liés à des déplacements, des repas, des événements ou encore des prestations jugées dispendieuses. Certaines dépenses, associées à un certain confort voire à un luxe assumé, interrogent sur leur pertinence et leur légitimité, d’autant qu’elles sont financées par les cotisations obligatoires des médecins (335 euros l'année pour chacun des 240 000 médecins en activité et non retraités).
Des médecins condamnés lourdement mais jamais révoqués de l'Ordre
Au-delà de la question budgétaire, l’IGF met également en évidence la réticence de l'Ordre à tirer les conséquences des décisions de justice. Plusieurs médecins ont en effet été condamnés ces dernières années pour des agressions sexuelles ou détention d'images pédopornographiques : ils sont pourtant toujours inscrits à l'Ordre des médecins et autorisés à exercer, après une période de suspension.
Cette situation nourrit un climat de défiance, tant au sein de la profession médicale que dans l’opinion publique. Certains praticiens dénoncent une institution devenue opaque, éloignée des préoccupations du terrain.
Le conseil départementalde Paris menacé de dissolution
Le cas du conseil départemental de Paris illustre particulièrement ces dérives. Le rapport souligne des irrégularités significatives, au point de recommander sa dissolution, une mesure exceptionnelle qui souligne la gravité des faits constatés. Plusieurs décisions auraient par ailleurs été remises en cause par la justice administrative, notamment pour des motifs liés à des procédures irrégulières ou à des soupçons de fraude.
Restaurer la confiance du garant de la déontologie médicale
Dans ce contexte, la nécessité d’une réforme apparaît incontournable. Restaurer la confiance suppose de renforcer les mécanismes de contrôle, d’assurer une plus grande transparence dans la gestion des fonds et de recentrer l’action de l’Ordre sur ses missions fondamentales si elle veut retrouver sa crédibilité de garant de la déontologie médicale.
Retrouvez les détails dans l'édition du 18 mars 2026 du Canard Enchainé.
