Depuis le 1er décembre 2025, la prise en charge des fauteuils roulants en France a changé de dimension.

Avec un remboursement intégral assuré par l’Assurance maladie, la réforme entend mettre fin aux restes à charge et à la complexité des financements croisés.

Une évolution qui tranche avec les logiques à l’œuvre dans d’autres secteurs comme l’optique. Mais sur le terrain, des difficultés apparaissent.

Une logique opposée à celle de l’optique

Ces dernières années, plusieurs réformes ont reposé sur un partage des coûts entre Assurance maladie et complémentaires, notamment avec le dispositif 100% Santé en optique, dentaire et audiologie.

Dans le modèle optique, les organismes complémentaires (OCAM) jouent un rôle dans le remboursement à hauteur de 37% (le financement du panier A est assuré à 63 % par la Sécurité sociale).

La réforme des fauteuils roulants suit une trajectoire inverse. Elle repose sur une recentralisation complète : l’Assurance maladie devient à la fois le guichet unique et le financeur principal. L’objectif est clair : garantir un accès sans reste à charge à un équipement essentiel à l’autonomie, sans intervention des complémentaires ni de réseaux de soins.

Ce choix marque une rupture là où l’optique a vu monter en puissance les Ocam ces dernières années, le fauteuil roulant en consacre l’effacement.

En cela, elle se distingue nettement des logiques de cofinancement observées en optique. Mais une telle recentralisation semble difficilement transposable, compte tenu du poids économique de notre secteur et du rôle des complémentaires et des réseaux de soins.

Des débuts difficiles sur le terrain

Si le principe de la réforme fait consensus, sa mise en œuvre s’avère plus complexe.

Plusieurs acteurs de terrain comme les professionnels de santé, les fournisseurs et certaines associations pointent des délais importants dans l’instruction des dossiers. L’accès à certains spécialistes, indispensables pour la prescription, reste limité, ce qui ralentit l’ensemble du parcours.

Paradoxalement, la simplification du financement ne s’accompagne pas toujours d’une simplification administrative. Les dossiers apparaissent parfois plus exigeants, avec des refus liés à des questions de conformité ou de justificatifs. Près de 60 %* des demandes d'accord préalable essuient un refus contre seulement 40 % de validations. Des disparités d’interprétation entre caisses locales sont également évoquées.

Face aux difficultés persistantes, la ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées Camille Galliard-Minier s'est engagée à ajuster le cadre réglementaire dès les prochains mois et à installer, d'ici fin mars, un groupe de travail.

 

*Bien que l'Assurance maladie avance des taux d'acceptation supérieurs (environ 70 %), les fédérations de prestataires et les associations de consommateurs (comme l'UFC-Que Choisir) alertent sur ce ratio inverse sur le terrain, où une majorité de dossiers (60 %) se heurterait à des blocages administratifs ou réglementaires.