Selon les dernières données publiées par Altares, le secteur de l’optique entame l’année 2026 sous pression. 

Alors que le premier trimestre 2025 marquait le début d’une tendance inquiétante, les chiffres publiés par Altares pour ce début d'année 2026 valident la continuité des difficultés pour les opticiens.

Avec 42 points de vente ayant fait défaut, le secteur enregistre une hausse de 18,4 % de sa sinistralité par rapport à l'an dernier. Cette dynamique dépasse largement la moyenne nationale de défaillances (+6,4 %).

Cette dégradation s'inscrit dans un contexte national lourd, où la France dépasse désormais le cap symbolique des 71 000 défauts sur douze mois glissants et les 18986 défaillances au 1er trimestre 2026. 

L'analyse des procédures au sein de notre secteur révèle  :

  • Une prédominance des liquidations judiciaires. Sur les 42 dossiers enregistrés, 28 ont débouché sur une liquidation immédiate. Ce ratio de deux tiers démontre que, dans la majorité des cas, les entreprises arrivent au tribunal avec une trésorerie totalement épuisée, rendant toute poursuite d'activité impossible.
  • Un sursis pour le redressement : 14 dossiers relèvent du redressement judiciaire et donc une opportunité de restructuration pour un tiers des établissements en difficulté.

Cependant, bien que le volume de défauts reste élevé au premier trimestre 2026, l'analyse en trimestres glissants montre que la courbe des défaillances en optique commence à s'infléchir par rapport à la forte accélération constatée début 2025.

Vulnérabilité des commerces de proximité

À l'image des TPE sur le territoire national, les petits magasins d'optique sont les premiers touchés par l'érosion de leurs marges et la prudence de consommation des ménages.

Le climat économique actuel ne laisse que peu de répit aux opticiens. L'étude d'Altares souligne que, si certains secteurs comme le gros œuvre résistent, le commerce de détail reste « à la peine ».

Pour l'optique, le cumul des difficultés comme le remboursement des prêts (PGE), l'augmentation des charges d'exploitation et un arbitrage serré du budget santé par les Français, crée un effet de ciseau redoutable.

La situation sociale globale est à son paroxysme : avec plus de 75 000 emplois menacés ce trimestre à l'échelle nationale, le pouvoir d'achat reste contraint.

Pour les magasins d'optique, l'enjeu des mois à venir sera de stabiliser ces défaillances dans un environnement où les jeunes entreprises (moins de 3 ans) sont désormais les plus exposées au risque de faillite.

 

« Au cours de ce premier trimestre 2026, plus de 300 chefs d’entreprise se sont présentés chaque jour ouvré devant le tribunal afin de demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de sauvegarde, ou, parfois à bout de ressources financières et morales, envisager une liquidation judiciaire. Sur les douze derniers mois, un nouveau record est atteint avec plus de 71 000 entreprises concernées par une procédure collective. Ce premier trimestre n’est donc guère propice au rétablissement de la confiance, ni à la relance de l’investissement et de la consommation. Des poches de résistance subsistent néanmoins, notamment dans le secteur de la construction, qui concentre, rappelons-le, une défaillance sur quatre » analyse dans un communiqué Thierry Millon, directeur des études Altares.