L’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) a récemment présenté plusieurs données issues d'un « sondage OpinionWay pour l’Asnav » concernant la vision des enfants lors d’une conférence de presse.

Trois sujets étaient à l'ordre du jour : les problèmes de vue des enfants, la prévention de la myopie et la protection contre le soleil.

Pour obtenir les résultats de cette étude, deux échantillons ont été interrogés :

  • Un échantillon de 829 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus ;
  • Un échantillon de 473 parents représentatif de la population française des parents d’enfants âgés de 0 à 12 ans. 

 

conference_de_presse_asnav.jpg

Les données ont été présentées par Frédéric Micheau, directeur adjoint d'OpinionWay, Véronique Morin, responsable formation de l'Asnav, Guy Sasson, président de l’Asnav et directeur général de BBGR, et Catherine Jégat, déléguée générale de l’Asnav (de gauche à droite sur la photo).

L'importance du dépistage dès le plus jeune âge

Epidémie de myopie, amblyopies… Alors que près d’1 enfant sur 2 présente un problème de vue et que ce chiffre augmente année après année, les dépistages – aujourd’hui insuffisants - des troubles de la vision chez les plus jeunes constituent un enjeu de santé publique.

Dans le « sondage OpinionWay pour l’Asnav » sur la vision des enfants, le constat est sans appel : 44 % des enfants entre 0 et 12 ans présentent un ou plusieurs troubles de la vision mais ces problèmes sont dépistés à l’âge de 5 ans en moyenne.

age_depistage_des_troubles_visuels.jpg

 

Or de 0 à 6 ans, le système visuel se développe en adaptation à son environnement. Un 1 enfant sur 6 souffre d’un défaut visuel dans cette tranche d’âge et risque de ne développer sa vision qu’au travers de son défaut.

L’amblyopie, la conséquence de ces carences visuelles, est réversible si traitée avant 6 ans. Elle concerne 3 % de la population, soit 2 millions de personnes.

Au regard de ces chiffres, l’Asnav préconise des dépistages systématiques avant 6 ans, et notamment une première visite chez l'ophtalmologiste dans les 3 premières années, alors que 57 % des parents considèrent que la première visite n'est utile qu'à partir de 4 ans.

Comme mal voir n'est pas douloureux, les enfants ne se plaignent pas et il y a peu de signaux qui alertent les parents. 

Le rôle des opticiens dans le dépistage

Parmi les raisons qui poussent les parents à faire contrôler la vue de leurs enfants et à prendre rendez-vous pour la première fois chez l'ophtalmologiste, le sondage montre que le conseil de l'opticien est en hausse entre 2017 et 2023.

 

raison_premiere_visite_chez_lophtalmologiste.jpg

 

Bien qu'en bas de l'échelle avec ses 11%, la courbe (bleue) ne fait qu'augmenter depuis 2018, alors que les autres affichent une tendance à la baisse ou fluctuante depuis 2013, ce qui prouve l'importance du rôle de l'opticien dans la prévention et l'information au public. Ce chiffre monte à 13% pour les parents d'enfants de 0 à 12 ans.

 

premiere_visite2.jpg

 

À noter qu'un peu plus de la moitié des répondants (56%) emmène leurs enfants consulter sur les conseils d'un professionnel, et que la première des raisons est le contrôle de routine avec 39%.

Le rôle des professionnels de santé et des acteurs de prévention est donc essentiel pour les assister dans l'information et la prise en charge du dépistage.

En théorie, chaque enfant doit, a minima, bénéficier de 6 dépistages visuels dans ses douze premières années, dont 3 sont obligatoires au regard des codes de la Santé Publique et de l’Education.

Ces dépistages sont essentiels afin de détecter et compenser les problèmes de vue.