Dans les salles d'examen des universités chinoises, les méthodes traditionnelles de triche cèdent la place aux lunettes connectées, une technologie presque invisible.
Les étudiants scannent leurs feuilles d'examen en un coup d'œil et l’intelligence artificielle traite instantanément les énoncés et dictent les réponses via les micro-haut-parleurs intégrés dans les branches, hors de vue des surveillants.
Ce phénomène alimente un marché parallèle de location et certains entrepreneurs déclarent avoir loué des lunettes à plus de 1 000 clients en quelques mois. Les tarifs vont de 5 à 11 euros par jour (de 40 à 80 yuans), selon le modèle.
92,5/100 : la preuve par l'examen
Des chercheurs de l'Université de Hong Kong ont expérimenté l’usage de lunettes connectées couplées à un modèle de langage avancé lors d’un examen réel.
Résultat : un étudiant équipé de ce dispositif a obtenu une note de 92,5 sur 100, se classant parmi les cinq meilleurs d’une promotion de plus de cent étudiants.
Pour contrer ces nouvelles méthodes, les universités adaptent leurs règlements. La lutte contre la fraude ne cible plus seulement les téléphones, mais toute assistance par IA capable de générer des réponses instantanées.
Un essor commercial soutenu
Le marché chinois s'affirme comme un moteur mondial pour cette technologie. En 2025, la Chine représentait déjà plus de 16 % des expéditions mondiales avec 2,5 millions d'unités.
Pour l'année 2026, les prévisions de l'IDC (International Data Corporation*) indiquent que les fabricants chinois pourraient capter 45 % du marché mondial et atteindre plus de 22 millions d'unités expédiées.
Cette croissance bénéficie d'un appui institutionnel. Le gouvernement chinois a inclus ces appareils dans ses programmes de subventions nationales pour stimuler la consommation. Cette politique a entraîné une hausse des ventes de 35 % lors des périodes festives du début d'année 2026.
*Cabinet de conseil et de recherche dans le domaine des technologies de l'information et des télécommunications.
