Présentée le 9 mai lors du congrès de la Société française d’ophtalmologie (SFO)*, l'étude concernant l'efficacité du verre Essilor Stellest 2.0 marque une nouvelle étape dans la stratégie d’EssilorLuxottica sur la freination de la myopie évolutive. Après plusieurs années de recul clinique sur le verre Stellest lancé en 2021 en France (voir en fin d'article), le groupe a dévoilé les premiers résultats de sa technologie de deuxième génération, baptisée H.A.L.T. Max.

Technologie utilisée

Comme le Stellest initial, le nouveau verre Stellest 2.0 (disponible depuis janvier 2026 en France) repose sur un design unifocal intégrant des microlentilles hautement asphériques. Leur rôle : créer un volume de lumière défocalisée en avant de la rétine afin d’envoyer un signal de ralentissement de l’élongation de l’œil, considérée comme le moteur principal de la progression myopique.

Avec Stellest 2.0, Essilor explique avoir renforcé la puissance et l’asphéricité de ces microlentilles afin d’augmenter l’effet optique recherché. Le volume lumineux généré passe ainsi de 0,7 mm à 1,6 mm de profondeur, et se situe plus en avant de la rétine, à environ 2,3 mm.

Protocole, résultats de l'étude et adaptation

  • Pour évaluer cette nouvelle génération, le fabricant a lancé un essai clinique randomisé, contrôlé, en double insu, avec protocole croisé et controlatéral. L’étude a porté sur 50 enfants pendant 12 mois, chaque participant portant un verre Stellest de première génération sur un œil et un Stellest 2.0 sur l’autre. Après six mois, les équipements étaient inversés afin de comparer les deux designs sur les mêmes sujets. Le critère principal retenu était la progression de la longueur axiale.
  • Les résultats présentés à la SFO montrent une progression de la longueur axiale de 0,10 mm à six mois avec Stellest première génération, contre 0,04 mm avec Stellest 2.0. Après douze mois de suivi cumulé, les yeux équipés de Stellest 2.0 présentaient une progression moyenne de 0,12 mm, contre 0,23 mm pour Stellest première génération, traduisant un effet freinateur plus marqué du nouveau design.
  • Essilor a également insisté sur les données d’adaptation du verre Stellest 2.0. Selon l’étude, 88 % des enfants se sont adaptés au port des verres en deux à quatre jours, et 100 % au bout d’une semaine, avec des temps de port supérieurs à 13 heures quotidiennes.

Ces résultats viennent compléter un corpus clinique déjà conséquent autour de Stellest. Présentée également lors du congrès ARVO (Association pour la recherche en vision et en ophtalmologie) à Denver début mai 2026, une autre étude américaine multicentrique menée dans neuf centres aux États-Unis rapporte, à deux ans, une progression moyenne de la myopie de 0,25 D chez les enfants équipés de Stellest contre 0,90 D avec des verres unifocaux, soit un ralentissement de 71 %. L’élongation axiale y était réduite de 53 %.

Etude à 7 ans du verre Stellest

Pour la première fois en France, Essilor a aussi communiqué les résultats à sept ans de son étude princeps lancée en 2018 concernant la gamme Stellest. D'après l'étude, en sept année de port des verres, le ralentissement moyen de la progression myopique a été de 2,31 dioptries et de 0,92 mm d'évolution de l'élongation axiale sur la période, confirmant la durabilité de l’effet freinateur dans le temps.