La Caisse autonome de retraite des médecins de France (Carmf) a publié ses dernières statistiques sur les revenus des praticiens libéraux.
Pour mieux coller à la réalité des nouveaux modes de rémunération, l'organisme privilégie désormais une nouvelle unité de mesure : le revenu net d’activité indépendante (RNAI). Sous cet indicateur, les ophtalmologistes confirment leur position parmi les spécialités les mieux rémunérées.
Ce nouvel indicateur global regroupe l’ensemble des revenus du médecin : les BNC, mais aussi les revenus de gérance et les primes Madelin. Selon la Caisse, cette approche permet de mieux capter les évolutions de l'ensemble de la population médicale tout en intégrant les variations de revenus individuels.
Une progression continue pour l'ophtalmologie
Selon les données de la Carmf, le revenu net d’activité indépendante moyen des ophtalmologistes s’est élevé à 210 776 € en 2024. Ce chiffre marque une progression constante par rapport aux années précédentes : il était de 199 968 € en 2023 et de 192 216 € en 2022.
Entre 2023 et 2024, les ophtalmologistes ont vu leurs revenus progresser de 5,41 %, alors même que le nombre de praticiens dans la spécialité connaissait un léger repli de 0,1 %. Cette hausse fait suite à une augmentation de 4,03 % enregistrée l'année précédente.
Au 4e rang des spécialités les mieux rémunérées
Avec un revenu moyen qui dépasse la barre des 210 000 €, l’ophtalmologie se classe au 4e rang sur les 35 spécialités recensées par la Carmf. Elle reste devancée par la cancérologie (405 887 €), la médecine nucléaire (241 751 €) et l’anesthésie-réanimation (215 912 €).
À titre de comparaison, le revenu moyen toutes spécialités confondues s’établit à 127 859 €. Si les revenus des ophtalmologistes sont nettement supérieurs à la moyenne, la tendance générale est également à la hausse : le RNAI a augmenté de 5,33 % pour l'ensemble du corps médical entre 2023 et 2024, porté notamment par un bond de 8,70 % chez les généralistes.
Une hausse à nuancer face à l'inflation
Malgré ces chiffres, la Carmf invite à une lecture prudente. L'organisme rappelle que cette croissance des revenus doit être mise en perspective avec l’inflation cumulée depuis 2017.
Cette date correspond en effet à la dernière mise à niveau majeure de la valeur des actes médicaux. Ainsi, si les revenus augmentent, le pouvoir d'achat réel reste corrélé au coût de la vie et aux charges de fonctionnement des cabinets, qui n'ont cessé de croître sur la période.
