Des divergences stratégiques émergent entre Meta Platforms et EssilorLuxottica. Selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg, les deux partenaires historiques sur le marché des lunettes connectées débattent âprement de la politique de prix à adopter face à une demande en plein essor.

Divergence sur les prix de vente

En 2025, plus de 7 millions de montures Ray-Ban Meta et Oakley Meta auraient été écoulées, un rythme encore accéléré par le lancement de nouveaux modèles au second semestre. Forts de cette dynamique, les deux groupes visent une expansion accrue cette année pour consolider leur avance sur des concurrents de poids comme Apple.

Mais derrière cette réussite commerciale, les discussions seraient parfois vives. Meta plaiderait pour un positionnement tarifaire plus agressif afin de démocratiser l’usage de ses lunettes connectées et d’accélérer l’adoption grand public. De son côté, EssilorLuxottica, soucieux de préserver ses marges et son image premium, redouterait une banalisation du produit. Ces désaccords, décrits comme une « dynamique de compromis », n’auraient toutefois jamais dégénéré en conflit ouvert.

La collaboration, nouée il y a plus de six ans, est devenue l’une des plus stratégiques du secteur technologique. L’an dernier, Meta a d’ailleurs pris une participation au capital de son partenaire, renforçant encore leurs liens. « Notre alliance (…) est plus solide que jamais », a assuré EssilorLuxottica à Bloomberg, saluant une réussite pionnière à la croisée de la tech et de l’optique.

Il reste du chemin à parcourir

L’enjeu est de taille. Pour Mark Zuckerberg, ces dispositifs pourraient à terme supplanter les smartphones. Les analystes restent plus mesurés. Selon certains observateurs, le marché des lunettes connectées devrait croître de plus de 29 % par an pour atteindre près de 30 millions d’unités en 2029, soit 10,8 milliards de dollars. À comparer au milliard de smartphone qui sont vendus chaque année.