Hoya Vision Care, aux côtés d’organisations médicales et institutionnelles, a publié un appel international visant à faire de la myopie infantile une priorité mondiale de santé publique, lors de la Journée mondiale de l’enfance le 20 novembre 2025.

Une urgence sanitaire mondiale en pleine accélération

Selon les experts signataires*, près de 5 milliards de personnes seront myopes d’ici 2050, dont 740 millions d’enfants, tandis que la myopie non corrigée entraîne déjà plus de 244 milliards de dollars de pertes de productivité à l’échelle mondiale.
Les lacunes de prise en charge restent majeures : jusqu’à 60 % des enfants dans les pays à revenus faibles et intermédiaires ne sont pas diagnostiqués ; dans les autres régions, les obstacles incluent le coût, les délais d’accès et un manque de sensibilisation des familles.

Pour les auteurs du rapport, seule une approche globale — soins, prévention, éducation et politiques publiques — permettra d’enrayer cette progression.

 

signataires_appel_mondial_myopie.png

Les signataires du rapport @Hoya

 

Le consensus détaille quatre recommandations clés destinées à transformer l’organisation des soins visuels pédiatriques et l'environnement dans lequel évoluent les enfants :

Généraliser le dépistage visuel pédiatrique dès la maternelle

Les experts appellent à mettre en place un dépistage annuel entre 4 et 16 ans, avec un suivi renforcé et un accès facilité aux corrections optiques.
L’objectif est d’augmenter de 40 % l’efficacité des services de correction d’ici 2030, en cohérence avec l’initiative SPECS 2030 de l’OMS.
Le rapport cite l’exemple de la France comme modèle de politique publique structurante contre la hausse de la myopie infantile.

Intensifier la formation continue des ECP

Le document recommande de renforcer l’upskilling des optométristes, opticiens et ophtalmologistes sur les derniers protocoles de gestion de la myopie :

  • formations continues obligatoires,
  • intégration systématique de la myopie dans les cursus,
  • standardisation des supports d’éducation patients,
  • programmes de mentorat entre pairs.

Intégrer les bonnes pratiques visuelles dans les écoles

Les auteurs proposent une série de mesures ambitieuses :

  • 2 heures minimum d’exposition extérieure par jour à l’école,
  • limitation du temps d’écran à 1 heure, y compris les usages pédagogiques,
  • mise à disposition de ressources éducatives pour enseignants et animateurs,
  • ateliers communautaires pour sensibiliser les familles aux impacts des modes de vie numériques.

Agir sur les inégalités et le bien-être numérique des enfants

Les initiatives de prévention doivent s’inscrire dans une stratégie plus large incluant :

  • la lutte contre les inégalités de santé,
  • la promotion du bien-être numérique,
  • l’accès universel aux soins visuels.

Les signataires insistent sur la nécessité de partenariats public-privé pour amplifier l’impact des actions menées.

 

Dominique Bremond-Gignac, professeur d’ophtalmologie à Paris, a déclaré : 

« La vision des enfants ne peut pas attendre les délais bureaucratiques ; l’expérience de la France prouve que des mesures politiques précoces ont un impact mesurable. Lorsque les gouvernements, les cliniciens et l’industrie travaillent ensemble avec urgence et détermination, la gestion de la myopie peut être intégrée rapidement et efficacement dans les normes de soins. D’autres pays doivent suivre cet exemple. »


*Les signataires de l'appel : 

Prof. Dominique Bremond-Gignac – Professeure d’ophtalmologie, cheffe du service d’ophtalmologie à l’Hôpital Necker-Enfants Malades et Paris Cité Université

Dr Stuart Keel – Technical Officer, Vision and Eye Care Programme, Organisation mondiale de la santé (OMS)

Marius de Beer – Chief Sustainability Officer, Hoya Vision Care

Jacqueline Grove – Présidente de 20/20 Quest (National Vision’s Charitable Foundation) et CEO de The Coalition for Clear Vision

Prof. Serge Resnikoff – Président de l’International Myopia Institute (IMI)