Après la décision de la Chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins d’Île-de-France sanctionnant un ophtalmologiste impliqué dans un dispositif de télé-expertise, nous avons contacté la plateforme Sym, qui a réagi par la voix de son co-fondateur et PDG, Mohand Benabdelouahed. L’entreprise rappelle que la procédure est toujours en cours et défend le rôle de ces dispositifs dans l’accès aux soins visuels.
Une décision contestée
Premier point souligné par Sym : la décision disciplinaire n’est pas définitive.
La procédure fait actuellement l’objet de voies de recours, ce qui lui confère un caractère suspensif. Autrement dit, la sanction ne peut pas être considérée comme définitivement établie à ce stade. La plateforme estime d’ailleurs que la décision « ne résistera pas à l’appel ».
« Par principe, nous ne commentons pas les situations individuelles concernant des praticiens, en particulier lorsqu’elles relèvent d’une procédure ordinale qui concerne directement le professionnel de santé. »
Un modèle revendiqué comme conforme au cadre réglementaire
Au-delà du cas individuel, Sym affirme que son fonctionnement respecte le cadre réglementaire applicable à la télémédecine et aux coopérations entre professionnels de santé.
La plateforme souligne également que les débats autour de ces nouvelles organisations de soins peuvent parfois être fortement politisés, ce qui impose selon elle une attention particulière à la précision des informations diffusées par les différents acteurs.
L’enjeu de l’accès aux soins visuels
Pour Sym, le débat dépasse largement le cas d’une plateforme ou d’un praticien.
L’entreprise rappelle que sa mission consiste à améliorer l’accès aux soins visuels, notamment dans les territoires où l’offre médicale est insuffisante et où les délais pour consulter un ophtalmologiste peuvent atteindre plusieurs mois.
Dans certains cas, souligne la plateforme, ces délais conduisent des patients à renoncer purement et simplement à consulter, en particulier les populations vulnérables ou éloignées du système de soins.
Un réseau d’opticiens partenaires
Pour répondre à ces difficultés d’accès aux soins, Sym s’appuie aujourd’hui sur plusieurs centaines d’opticiens partenaires répartis sur le territoire.
Ces collaborations se déploient en magasin mais aussi dans des dispositifs hors les murs avec des véhicules adaptés et équipés de matériel de prise de mesure et de transmission.
La plateforme rappelle que plusieurs acteurs se sont développés ces dernières années sur ce segment, la télémédecine étant perçue comme un levier pour fluidifier les parcours de soins.
Un débat appelé à se poursuivre
Sym souligne enfin que, ayant été l’une des premières plateformes à structurer ce type de dispositif, son modèle fait régulièrement l’objet de débats.
Pour l’entreprise, la question centrale reste néanmoins celle de l’accès aux soins visuels dans les territoires où l’offre médicale est insuffisante, un enjeu qui devrait continuer d’alimenter les discussions autour de la télémédecine et de la coopération entre professionnels de santé.
